Renault Trafic Escapade : sept places, zéro malus, et une astuce fiscale à 73 500 euros

Renault Trafic Escapade, van aménagé sept places vu de trois quarts avant

Renault a ouvert les commandes du Trafic Escapade, un van aménagé qui affiche sept vraies places à partir de 46 000 euros. Sur le papier, c’est un utilitaire habillé pour partir en week-end. Dans les faits, c’est surtout le sept-places le moins cher du marché français, et de très loin.

Tout tient dans un sigle un peu barbare : VASP, pour véhicule automoteur spécialisé. En homologuant son Trafic non pas comme une voiture particulière mais comme un camping-car, Renault le fait passer sous les radars du malus. Et vu le gabarit et le diesel qui l’anime, ça pèse. Le même véhicule immatriculé en VP écoperait de 64 356 euros de malus CO2, auxquels s’ajouteraient 9 170 euros de taxe au poids. Près de 73 500 euros de taxes qui s’évaporent, pour une caisse qui rejette pourtant 186 g/km. Les grandes familles, elles, vont adorer.

Côté motorisation, on reste sur du gasoil classique. Un Blue dCi de 150 chevaux, en boîte manuelle ou avec la nouvelle automatique à neuf rapports, et un dCi 170 réservé à l’automatique. La finition d’entrée Evolution démarre donc à 46 000 euros en manuelle, grimpe à 49 000 euros en boîte auto, et la version Iconic mieux dotée (jantes alliage, peinture intégrale, table dépliable à l’arrière) réclame 52 000 euros.

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L’aménagement, lui, reste volontairement minimaliste. À l’arrière, un module cuisine compact avec réchaud gaz, un évier escamotable avec sa petite douchette, un réservoir d’eau propre de 5 litres et quelques rangements bien pensés. On est loin d’un vrai camping-car, et c’est justement le but : Renault coche la case de l’homologation loisir sans transformer le Trafic en usine à gaz. Beaucoup l’achèteront pour transporter la tribu au quotidien plus que pour dormir dedans.

C’est là que le procédé interroge un peu. On assiste à un contournement parfaitement légal d’un malus devenu tellement punitif qu’il pousse constructeurs et acheteurs vers des montages fiscaux acrobatiques. Un monospace sept places thermique est aujourd’hui presque impossible à vendre sans l’assommer de taxes, alors on le déguise en van de loisir. Difficile d’en vouloir à Renault, qui offre là une porte de sortie concrète aux familles nombreuses. Reste que quand il faut habiller une voiture en camping-car pour la rendre abordable, c’est peut-être le barème lui-même qui déraille.

Crédit photo : Renault