Superéthanol-E85 : deux fois moins cher que l’essence, il continue de gagner du terrain en France

Pendant que le SP95-E10 flirte avec les 1,80 euro le litre et dépasse parfois ce seuil, le Superéthanol-E85 s’affiche autour de 0,85 euro à la pompe. Deux fois moins cher, tout simplement. Ce grand écart, creusé par la flambée des carburants classiques, explique pourquoi de plus en plus de conducteurs regardent sérieusement du côté de ce biocarburant à base d’alcool végétal.
Le réseau a suivi. L’E85 est désormais distribué dans plus de 4 000 stations en France, soit près de 40 % du parc, avec une présence très dense en grande distribution et quelques pompes sur les aires d’autoroute. Le parc roulant, lui, a franchi la barre des 400 000 véhicules adaptés.
Car l’E85 ne s’improvise pas. Si vous roulez en Ford Kuga ou Puma, ou en Dacia et Renault dans leurs finitions essence prévues pour, la compatibilité est là d’usine. Pour les autres moteurs essence, il faut passer par un boîtier de conversion homologué, posé par l’un des cinq fabricants agréés en France. Comptez entre 850 et 1 350 euros pour le matériel selon le nombre de cylindres, plus 250 à 450 euros de pose. Les moteurs diesel restent sur la touche, tout comme les hybrides rechargeables, qui tirent déjà leur épingle du jeu grâce à l’électrique.
Pour les moteurs essence compatibles, un boîtier de conversion permet de passer au Superéthanol sans toucher à la mécanique d’origine :
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Reste une nuance que les vendeurs de boîtiers oublient parfois de souligner. L’éthanol étant moins énergétique que l’essence, la consommation grimpe de 20 à 25 %. L’économie réelle est donc un peu rognée. Elle reste quand même confortable : entre 600 et 1 100 euros par an pour un automobiliste qui parcourt 15 000 kilomètres, de quoi amortir le boîtier en un an et demi à deux ans.
L’administration joue le jeu. Le changement de carte grise pour mentionner la conversion est gratuit via l’ANTS, et la plupart des régions exonèrent totalement ou de moitié la taxe sur le certificat d’immatriculation pour les véhicules propres. Certaines vont plus loin et financent une partie du boîtier : 500 euros en Île-de-France, 350 dans les Hauts-de-France, 300 en Normandie.
Sur le papier, l’équation est donc intéressante pour les gros rouleurs. À condition d’accepter la surconsommation, de faire ses comptes sur la durée, et de garder en tête que l’avantage fiscal du bioéthanol pourrait un jour être rogné, comme tant d’autres coups de pouce avant lui.
Crédit photo : Tony Webster (CC BY 2.0)
