Pour la première fois, l’Europe achète plus de voitures électriques que d’essence, et la France mène la charge

Voiture électrique en recharge sur une borne devant une carte stylisée de l'Europe

Le basculement a fini par arriver. Sur les huit premiers mois de 2026, l’Union européenne a immatriculé 1 641 333 voitures 100 % électriques, contre 1 634 733 modèles à essence. L’écart tient dans un mouchoir de poche, à peine 6 600 unités, mais il est historique. Jamais l’électrique n’était passé devant le thermique sur une telle période, selon les chiffres de l’ACEA, l’association des constructeurs européens.

La dynamique, elle, n’a rien de serré. Les ventes de voitures à batterie ont bondi de 44,9 % en un an, et l’électrique pèse maintenant 21,7 % du marché européen, contre 15,8 % un an plus tôt. Sur le seul mois d’août, la part grimpe même à 27,7 %. L’essence recule partout.

Et sur ce terrain, la France fait la course en tête. Avec 322 099 voitures électriques immatriculées de janvier à août, l’Hexagone affiche une hausse de 74,2 %, la plus forte parmi les quatre plus gros marchés européens, qui pèsent à eux seuls 64 % des ventes. Devant l’Allemagne, à 53,1 %, et le Danemark, à 40,9 %. En août, plus d’une voiture neuve sur trois vendue en France était électrique. 38,3 % exactement.

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Le revers de la médaille, c’est la dégringolade de l’essence. La France est le pays de l’UE où les immatriculations de modèles essence chutent le plus fort, avec un plongeon de 35,8 % sur la période. La moyenne européenne se limite à 18,6 % de baisse. Les automobilistes français ne se contentent donc pas d’ajouter de l’électrique à leur garage. Ils tournent le dos au moteur essence bien plus vite que leurs voisins.

Ce qui étonne, c’est que l’hybride, souvent présenté comme la solution de transition idéale, patine chez nous. Sa progression plafonne à 1,8 % sur huit mois, quand l’Espagne et l’Italie dépassent les 20 %. Les acheteurs français ne passent pas forcément par la case hybride, ils sautent directement sur le tout-électrique.

Difficile de dire si le rythme tiendra en 2027. Une partie de ces chiffres doit beaucoup aux aides publiques, bonus écologique et leasing social en tête, dont l’enveloppe n’est pas illimitée. Mais le cap est posé, et il ne ressemble pas à un feu de paille.

Crédit photo : Illustration générée par IA