Barres anti-encastrement des camions : l’Euro NCAP alerte sur 400 morts par an que rien n’oblige à éviter

Vue depuis une voiture roulant derriere une semi-remorque sur autoroute, barre anti-encastrement visible

Vous roulez derrière un poids lourd sur l’autoroute, et cette barre métallique sous la remorque est parfois tout ce qui vous sépare d’un passage sous le châssis. L’Euro NCAP vient de montrer qu’elle ne tient pas toujours son rôle.

L’organisme a projeté une voiture notée cinq étoiles à 56 km/h contre l’arrière de deux remorques neuves, signées Schmitz Cargobull et Krone, deux poids lourds de la profession. Les deux étaient équipées de la barre anti-encastrement imposée par la réglementation européenne R58.03. Les deux ont échoué. Dans le pire des cas, la barre a plié et la remorque a traversé l’habitacle, avec des blessures fatales à la tête et au cou sur les mannequins.

Ce type de choc, une voiture qui percute l’arrière d’un camion à l’arrêt ou roulant lentement, tue environ 400 personnes chaque année dans l’Union européenne et au Royaume-Uni. La structure de la voiture, pourtant pensée pour encaisser, n’a même pas le temps de se déformer : la remorque passe par-dessus.

L’Euro NCAP a refait l’essai contre une remorque au label TOUGHGUARD, un standard volontaire créé par l’IIHS américain, financé par les assureurs. Là, la barre a tenu, l’avant de la voiture s’est déformé normalement, et les occupants s’en seraient sortis. Rien n’oblige à l’adopter outre-Atlantique, et pourtant environ 70 % des remorques neuves qui y circulent en sont équipées depuis 2017.

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Autrement dit, une remorque américaine protège aujourd’hui mieux un automobiliste français que celles qu’il croise sur l’A6 un vendredi soir de départ.

Reste le freinage automatique d’urgence, censé rattraper le coup. Mauvaise nouvelle là aussi : les capteurs de certains systèmes un peu anciens ne détectent pas les remorques immobiles, en particulier les modèles bâchés et les châssis porte-conteneurs. La barre arrière redevient alors la dernière ligne de défense entre votre pare-brise et le plancher du camion.

Matthew Avery, de l’Euro NCAP, réclame une mise à jour urgente des réglementations européenne et britannique pour les aligner sur le référentiel américain, et demande aux constructeurs des kits de renfort pour les millions de remorques déjà sur les routes.

Le dossier n’a rien d’insoluble. La solution technique existe, elle équipe déjà 70 % des camions américains, et son coût reste modeste. Il ne manque qu’une obligation, à Bruxelles comme à Londres, pour qu’une norme dépassée cesse de coûter 400 vies par an.

Crédit photo : Illustration generee par IA