Renault ne se contente plus de vendre des Clio et des Scénic. Le groupe vient de dévoiler, avec le belge John Cockerill, un robot terrestre baptisé Forefront Concept, pensé aussi bien pour les armées que pour la sécurité civile. Un engin sans conducteur, téléopéré ou autonome, qui tranche quand même avec le reste du catalogue.

L'idée tient en une répartition simple. Renault construit la plateforme roulante, John Cockerill s'occupe de la partie téléopération et autonomie, c'est-à-dire tout ce qui permet de piloter la machine à distance ou de la laisser se débrouiller seule. Le détail qui fait tilt pour un blog auto : environ 70 % des composants sont repris de pièces automobiles déjà existantes. Pas de chaîne secrète, pas d'usine fantôme, on pioche dans ce qui équipe déjà les voitures.

Côté gabarit, on reste dans du raisonnable. Le Forefront fait à peu près la taille d'une petite citadine, affiche autour de 400 km d'autonomie et peut transporter une tonne de charge utile. Ses missions annoncées vont de l'évacuation de blessés au transport de matériel, en passant par des usages de combat ou de lutte anti-drone. Jean-Luc Maurange, le directeur général de John Cockerill, évoque même la surveillance de sites sensibles, type centrales nucléaires.

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Et la France dans tout ça ? C'est tout l'intérêt de l'annonce. Si le concept est validé, la production se ferait dans une usine Renault hexagonale, dont le nom n'a pas encore été lâché. Une source parle d'essais par les armées françaises d'ici quelques semaines. On parle donc d'emplois industriels potentiels et d'un savoir-faire auto recyclé vers la défense, sur le sol français.

Reste que pour l'instant, c'est un concept, et Renault le dit sans détour : la fabrication dépend de cette fameuse validation. Rien n'est gravé dans le marbre. C'est aussi le troisième projet de drone du constructeur, après Chorus avec Turgis Gaillard en janvier, puis Toutatis avec Thales en juin. Visiblement, le dossier défense est devenu une vraie piste chez Renault, pas une lubie de communicant.

Pour nous, automobilistes, l'affaire a quelque chose de fascinant. Les mêmes composants qui font avancer nos berlines peuvent finir sous un robot d'évacuation de blessés. La frontière entre l'industrie auto et l'armement n'a jamais paru aussi fine. On suivra ça de près.

Crédit photo : Renault