Renault renvoyé au tribunal pour le Dieselgate, plus de deux millions de diesels concernés

C’est officiel. Un juge d’instruction a signé une ordonnance de renvoi qui envoie Renault devant le tribunal correctionnel de Paris pour tromperie aggravée. La décision a été notifiée aux parties en début de semaine, et elle referme dix ans de soupçons autour des moteurs diesel du constructeur.
Au cœur du dossier, il y a un chiffre qui donne le vertige : plus de deux millions de véhicules diesel, précisément 2,06 millions, commercialisés en France entre septembre 2009 et janvier 2017. Tous équipés de moteurs dCi, l’appellation maison des diesels Renault, aux normes Euro 5 puis Euro 6.
Ce qu’on reproche à Renault, c’est d’avoir calibré ces moteurs pour qu’ils se tiennent à carreau uniquement pendant les tests d’homologation. En clair, sur le banc d’essai, la voiture respectait les seuils d’oxydes d’azote, ces fameux NOx qui polluent l’air et abîment les poumons. Sur la route, en conditions réelles, les rejets grimpaient bien au-delà. La mécanique savait, en gros, reconnaître qu’elle passait un examen.
Renault, de son côté, conteste fermement. Le constructeur assure avoir respecté la réglementation en vigueur à l’époque et nie avoir installé le moindre dispositif frauduleux d’invalidation. La bataille judiciaire promet donc d’être longue, d’autant que la première audience, celle qui servira juste à fixer le calendrier du procès, n’est pas prévue avant le 1er avril 2027.
Envie de garder un oeil sur les emissions et l’etat moteur de votre diesel ? Ce petit boitier de diagnostic se branche en deux minutes.
Scanner OBD2 Bluetooth essence et diesel → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Et l’addition potentielle a de quoi refroidir. Sur le papier, l’amende peut monter jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires annuel moyen, calculé sur les trois derniers exercices. Pour un groupe de la taille de Renault, on parle de plusieurs milliards d’euros. À cela s’ajoutent les indemnisations que pourraient réclamer les propriétaires, notamment au titre de la décote subie par leur voiture une fois l’affaire connue.
Renault n’est pas seul dans le viseur. Le constructeur devient le deuxième à être renvoyé en correctionnelle en France, après Volkswagen, dont le renvoi remonte au début de l’année. Peugeot, Citroën et Fiat-Chrysler restent eux aussi mis en examen depuis 2021, sans qu’un procès soit encore fixé. Autrement dit, quatre constructeurs présents chez nous traînent la même casserole.
Pour les automobilistes qui roulent encore avec l’un de ces diesels, rien ne change dans l’immédiat : la voiture reste homologuée et circule normalement. Mais si les indemnisations finissent par tomber, ça pourrait valoir le coup de garder ses factures d’achat au chaud.
Crédit photo : Renault
