L’Alpine A390 fait un flop, et l’usine de Dieppe divise sa production par deux

Alpine A390 électrique bleue de trois quarts avant devant une skyline au crépuscule

Alpine espérait tenir avec l’A390 sa première voiture de grande diffusion. Le pari tourne court. Le crossover électrique 5 places, présenté comme le modèle qui devait faire changer la marque d’échelle, ne trouve pas ses acheteurs, et c’est l’usine historique de Dieppe qui en paie les frais.

Les chiffres racontent tout. Sur le premier semestre 2026, Alpine a écoulé 1 041 A390, dont 610 en France. Ça peut sembler correct pour une sportive. Sauf que le rythme s’effondre : d’après un délégué CGT du site normand, il n’y a eu qu’une soixantaine de commandes sur le seul mois d’août. Du coup, la direction a tranché. Dès la fin septembre, Dieppe passe de 30 à 15 voitures assemblées par jour. La production, purement et simplement, divisée par deux.

Le souci n’est pas la voiture en elle-même. L’A390 a des arguments. En version GT elle envoie 400 ch et abat le 0 à 100 km/h en 4,8 secondes, la GTS grimpe à 470 ch et 3,9 secondes. Sa batterie de 89 kWh promet jusqu’à 555 km d’autonomie WLTP, et elle est bien de chez nous : assemblée à Dieppe, moteurs de Cléon, cellules Verkor produites à Dunkerque et Douai. Sur le papier, une vraie électrique française haut de gamme.

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Le problème, c’est le ticket d’entrée. La GT démarre à 67 500 €, la GTS à 78 000 €. Même avec la prime CEE étendue en septembre, qui la ramène à 67 120 €, on reste sur des sommes qui font réfléchir. Surtout quand une Tesla Model Y Performance s’affiche à 56 990 € et qu’un Audi Q4 e-tron débute sous les 55 000 €. À ce niveau de prix, l’acheteur regarde tout, et l’A390 traîne un boulet technique : son architecture reste en 400 volts, ce qui lui impose environ 40 minutes pour récupérer 80 % de batterie, là où les rivales en 800 volts s’en tirent en moins de 25 minutes. Ajoutez ses 2,1 tonnes sur la balance, et le rêve de sportive légère à la sauce Alpine s’éloigne un peu.

La direction reconnaît d’ailleurs à demi-mot que le modèle « n’a pas encore trouvé son public ». La formule est polie. Pour Dieppe, la réalité est plus rude : moins de commandes, ça veut dire moins d’heures, et une usine qui tourne au ralenti en attendant que les Français se laissent tenter.

Crédit photo : Alpine