Isotta Fraschini ressuscite avec une hypercar pour Le Mans

Voilà un nom que les passionnés d’automobile ancienne connaissent bien, et que personne n’attendait sur une grille de départ moderne. Isotta Fraschini, prestigieux constructeur italien né au tout début du XXe siècle, fait son grand retour avec une hypercar taillée pour les 24 Heures du Mans.
La marque, fondée à Milan, fabriquait à l’époque des voitures de luxe rivalisant avec Rolls-Royce, avant de disparaître des radars pendant des décennies. Son come-back se fait par la plus exigeante des portes : l’endurance, et le centenaire de l’épreuve mancelle comme toile de fond.
La voiture s’appelle Tipo 6 LMH Competizione. Derrière ce nom se cache un prototype hybride répondant au règlement Hypercar, la catégorie reine du Mans qui réunit aujourd’hui Toyota, Ferrari, Porsche ou Peugeot.
Sous le capot, un V6 de 3 litres turbocompressé installé en position centrale, développé avec l’appui du préparateur allemand HWA. À l’avant, un moteur électrique vient épauler l’ensemble. La puissance totale plafonne autour de 700 chevaux, comme l’impose la réglementation, avec une assistance électrique sur l’essieu avant.
Le reste de la fiche technique respire la compétition pure : boîte séquentielle à sept rapports, freins en carbone pilotés par un système brake-by-wire, suspensions à double triangulation et un poids ramené au minimum autorisé, soit un peu plus d’une tonne. Rien à voir avec une voiture de route, même si Isotta Fraschini a aussi évoqué une déclinaison homologuée pour la rue.
Le pari est audacieux. Aligner une marque historique sans aucune structure de course moderne face aux mastodontes du sport automobile, c’est se lancer un défi colossal. Les premières apparitions au Mans l’ont d’ailleurs confirmé, avec une voiture qui a bouclé l’épreuve loin des vainqueurs mais qui a surtout existé, ce qui était déjà une performance en soi.
Pour les puristes, l’émotion prime sur le chrono. Revoir un blason centenaire italien sur la Sarthe, là où se joue depuis cent ans la légende de l’endurance, a quelque chose de symbolique. La France, terre du Mans, est forcément aux premières loges de ce retour.
Reste l’éternelle question du financement. Faire courir une hypercar coûte des sommes considérables, et la longévité d’un tel projet dépendra autant des résultats que des soutiens financiers derrière. Mais pour l’instant, le simple fait de revoir le nom Isotta Fraschini sur une grille de départ tient déjà du petit miracle automobile.
Crédit photo : DR
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