Airbags Takata : 10 000 propriétaires de Saab paieront 475 euros de leur poche, faute de constructeur

Saab 9-5 grise de trois quarts avant sur un parc de vehicules d'occasion

Environ 10 000 automobilistes français roulent en Saab avec un airbag Takata défectueux, et ils vont devoir financer eux-mêmes le remplacement. La facture est de 475 euros, à leur charge exclusive.

La raison tient en une phrase du ministère de la Transition écologique : en raison de la disparition de l’entité juridique Saab, les frais de remplacement sont à la charge exclusive du propriétaire du véhicule. Il n’existe tout simplement plus personne pour organiser ni financer ce rappel.

Un peu d’histoire. General Motors avait pris la moitié de Saab en 1990, puis la totalité en 2000, avant de céder la marque au néerlandais Spyker Cars en 2010. La suite, c’est la liquidation. Aucune structure juridique n’a survécu.

Les véhicules visés ont été mis en circulation entre 2005 et 2011, essentiellement des 9-3 et des 9-5. Les courriers sont partis en juin, avec une consigne sans ambiguïté : ne plus rouler avant remplacement. Côté solution, le ministère renvoie vers Hedin Parts, un fournisseur suédois de pièces Saab, et son réseau de garages sur le territoire français.

Kit d'urgence auto homologue : balise V16, gilet, marteau brise-vitre

Puisqu’on parle de securite a bord, le kit d’urgence reste le minimum a garder dans le coffre.

Kit d’urgence auto homologue : balise V16, gilet, marteau brise-vitre → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Ce qui agace, c’est ce qui se passe outre-Atlantique. Aux États-Unis, General Motors organise une campagne de rappel gratuite qui couvre les Saab 9-2X, 9-3 et 9-5, avec réparation prise en charge dans les concessions Chevrolet, Buick, GMC et Cadillac. En France, GM assume les Cadillac et les Chevrolet, mais pas les Saab. Un réparateur interrogé par l’UFC-Que Choisir rapporte la position du groupe : GM n’aurait été qu’un prestataire de service pour Saab.

Le propriétaire, lui, encaisse tout. Le procès-verbal du contrôle technique signale l’airbag défectueux depuis février 2025, et la mention suit la voiture à la revente. Des assureurs refusent de couvrir les dommages liés à cet airbag tant que la pièce n’a pas été changée. À la revente, la décote tourne autour de 10 %.

Le fond du problème n’a rien de théorique. Le générateur de gaz de ces airbags utilise du nitrate d’ammonium, qui se dégrade avec l’humidité et la chaleur. Au moment du choc, le dispositif censé vous protéger peut exploser et projeter des fragments métalliques dans l’habitacle. En France, 47 accidents et 21 morts lui sont attribués.

475 euros pour ne pas courir ce risque, le calcul est vite fait. Mais personne n’avait signé pour acheter une voiture dont le constructeur allait disparaître.

Crédit photo : Lukasz19930915 / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)