Stellantis : Carlos Tavares prévient qu’il prendra des décisions impopulaires

Le patron de Stellantis ne prend pas de gants. Carlos Tavares, qui dirige le géant né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, a prévenu qu’il était prêt à assumer des décisions impopulaires pour préparer le groupe aux bouleversements du secteur.
Stellantis, c’est tout de même quatorze marques sous un même toit, dont Peugeot, Citroën, DS, Opel, Fiat, Jeep ou encore Alfa Romeo. Un mastodonte qui pèse lourd dans l’emploi industriel européen, et en France en particulier.
Le raisonnement de Tavares tient en quelques points. Le passage à l’électrique coûte une fortune, et sans une structure de coûts allégée, impossible d’absorber la facture. Or une voiture électrique produite en Europe revient environ 40 % plus cher qu’un modèle équivalent fabriqué en Chine. L’écart est vertigineux.
De là découlent des choix douloureux. Le dirigeant évoque sans détour des fermetures d’usines, des réductions d’effectifs et une adaptation permanente des capacités de production à la demande réelle. Si le marché se contracte, dit-il en substance, il faudra moins d’usines. Le message est limpide.
Le réseau de distribution n’est pas épargné non plus. Jusqu’à 20 % des points de vente français des marques du groupe pourraient disparaître dans le cadre d’une réorganisation commerciale. Aux États-Unis, la production de certains modèles Jeep a déjà été suspendue sur le site de Belvidere, dans l’Illinois.
En toile de fond, il y a la menace chinoise, que Tavares qualifie sans ménagement de combat terrible à venir. Les constructeurs chinois débarquent en Europe avec des véhicules électriques nettement moins chers, et sans mesures de protection, le patron de Stellantis estime que les classes moyennes européennes finiront par acheter chinois, tout simplement parce que ce sera dans leurs moyens.
Le discours a de quoi inquiéter les salariés et les concessionnaires, qui voient bien que les décisions impopulaires en question les concernent directement. Tavares assume cette posture de dirigeant qui préfère anticiper la tempête plutôt que de la subir, quitte à passer pour le méchant de l’histoire.
Difficile de lui donner totalement tort sur le diagnostic. L’industrie automobile européenne traverse une transition électrique brutale, coûteuse, et désormais frontalement concurrencée par des acteurs chinois qui avancent vite. Reste à voir où tomberont concrètement les coupes, et combien de sites et d’emplois en feront les frais en France. Sur ce terrain, les belles déclarations stratégiques se heurtent toujours à une réalité sociale beaucoup plus lourde.
Crédit photo : DR
Pour comprendre les choix industriels qui font et défont les géants de l’auto :
Citroën, Peugeot, Renault et les autres – Histoire de stratégies d’entreprises → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
