Dakar 2025 : Sébastien Loeb prend le volant du Dacia Sandrider, le pari du carburant durable

Dacia entre dans la cour des grands. Pour son premier Dakar, la marque roumaine du groupe Renault a confié les clés de son prototype, le Sandrider, à Sébastien Loeb. Un nom qui ne se présente plus dans le monde du rallye.
Le Sandrider n’a rien d’une Sandero rallongée, malgré la consonance du nom. C’est un buggy de course pur et dur, conçu pour avaler les dunes et les pistes les plus hostiles du rallye-raid.
Sous la carrosserie se cache un moteur V6 de 3,0 litres biturbo. Le terme biturbo désigne deux turbocompresseurs qui gavent le moteur en air pour gagner en puissance. Résultat : 360 chevaux et un couple de 539 Nm, de quoi extraire l’engin des passages les plus difficiles.
Mais le vrai pari de Dacia se joue à la pompe. Le Sandrider ne roule pas à l’essence classique : il carbure à un carburant synthétique fourni par le pétrolier saoudien Aramco. Ce carburant est composé à 80 % de matières issues de la biomasse, autrement dit de matières organiques végétales plutôt que de pétrole fossile.
L’idée derrière ce choix colle à la philosophie de la marque, celle d’une décarbonation abordable. Plutôt que de basculer vers l’électrique ou l’hydrogène, technologies coûteuses et complexes dans le désert, Dacia mise sur une solution compatible avec un moteur thermique classique mais à l’empreinte carbone réduite.
C’est malin sur le papier. Pas besoin de réinventer toute la mécanique, juste de changer ce qu’on met dans le réservoir. Le moteur thermique survit, mais en émettant nettement moins de CO2 sur l’ensemble de son cycle de vie.
Côté équipage, Loeb fait équipe avec son copilote belge Fabian Lurquin. Et il n’est pas seul à porter les couleurs Dacia : l’écurie The Dacia Sandriders aligne aussi l’Espagnole Cristina Gutierrez, vainqueure du Dakar en catégorie Challenger, ainsi que le Qatari Nasser Al-Attiyah, multiple vainqueur de l’épreuve. Une équipe taillée pour viser haut dès la première participation.
Le calendrier était bien rodé. Le Sandrider a fait ses premières armes au Rallye du Maroc en octobre 2024, une mise en jambes grandeur nature avant le grand rendez-vous de janvier 2025. Le Dakar se court désormais en Arabie saoudite, sur des terrains qui ne pardonnent ni les erreurs mécaniques ni les approximations de pilotage.
Pour Loeb, l’enjeu reste le même depuis des années : décrocher enfin cette victoire au Dakar qui lui échappe encore, malgré plusieurs deuxièmes places. Avec une voiture neuve et une équipe au budget conséquent, l’occasion était belle.
Au-delà de la course, c’est surtout l’image de Dacia qui se joue ici. La marque connue pour ses voitures pas chères s’offre une vitrine sportive prestigieuse et un argument écolo concret. Pas mal pour un constructeur qu’on imaginait mal, il y a dix ans, sur la ligne de départ du Dakar.
Crédit photo : DR
Le buggy du Dakar existe aussi en réplique télécommandée, batterie rechargeable incluse.
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