Radars à intelligence artificielle : ce qui est vrai et ce qui est faux en 2026

Depuis quelques mois, une rumeur circule partout : à partir de 2026, les radars français flasheraient le téléphone au volant, la ceinture non bouclée et les distances de sécurité trop courtes. De quoi vider un permis en un seul cliché. La Sécurité routière a tranché : c’est faux. Le mot employé en interne est même « archifaux ».
Reprenons calmement. La technologie, elle, existe bel et bien. Le radar Mesta Fusion 2, déjà installé sur certaines routes, combine une caméra de 36 mégapixels, un radar Doppler 3D et des algorithmes d’intelligence artificielle. Des fournisseurs comme Idemia ou Vitronic savent techniquement repérer une main sur un smartphone ou une ceinture non attachée. Sur le papier, tout est prêt.
Sauf que le cadre légal, lui, n’existe pas encore. Au 10 février 2026, aucun arrêté d’homologation n’avait été publié au Journal officiel. Sans ce feu vert administratif, un radar peut prendre des photos de test, mais il ne peut envoyer aucun procès-verbal. Filmer en continu l’intérieur d’un habitacle pose en plus de sérieux problèmes juridiques liés à la vie privée, loin d’être réglés.
Le meilleur moyen de ne jamais toucher son téléphone au volant reste de le poser sur un support à portée de regard :
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Concrètement, en 2026, ce qui change vraiment, c’est l’arrivée de radars urbains capables de contrôler en même temps la vitesse et le franchissement des feux rouges. Le téléphone, la ceinture et les distances restent au stade de l’expérimentation, sans verbalisation. Les estimations sérieuses parlent plutôt de deux à trois ans avant une détection du téléphone réellement opérationnelle.
L’État ne s’en cache pas : un budget d’homologation d’environ 2 millions d’euros a été débloqué, et 46,3 millions sont prévus pour moderniser le parc de 4 160 radars. Si ces fonctions arrivent un jour, chaque infraction coûterait 135 euros et 3 points, comme aujourd’hui. Le scénario d’un permis retiré d’un coup relève donc du fantasme : la perte est plafonnée à 8 points sur un même contrôle.
Derrière ces annonces, il y a un vrai sujet. En 2024, la France a compté 3 432 morts sur les routes, et le téléphone est impliqué dans près d’un accident corporel sur quatre. L’objectif n’est pas absurde. Mais pour l’instant, en 2026, votre smartphone ne déclenchera aucun flash. Mieux vaut quand même le ranger.
Crédit photo : Illustration générée par IA
