Péages en flux libre : la nouvelle arnaque au SMS qui piège les automobilistes

Depuis la fin 2024, plusieurs grands axes français, dont l’A13 et l’A14, fonctionnent sans barrière de péage. On roule sans s’arrêter, et on règle son passage dans les 72 heures, soit en ligne, soit chez un buraliste. Sur le papier, c’est une vraie avancée : fini les bouchons devant les gares de péage, le trafic est plus fluide et le quotidien plus simple. Sauf que cette modernité a attiré une engeance qu’on n’attendait pas.
Depuis quelques semaines, une arnaque vise spécifiquement les conducteurs qui empruntent ces autoroutes. Le scénario est bien rodé. La victime reçoit un SMS l’informant d’un soi-disant défaut de paiement ou d’un abonnement télépéage arrivé à expiration. Le message a tout l’air crédible, et il contient un lien qui redirige vers un site copiant à la perfection la plateforme Ulys. Le piège est tendu.
Le faux site n’a évidemment qu’un seul but : récupérer vos coordonnées bancaires. C’est du phishing, de l’hameçonnage classique, mais adapté au contexte tout neuf du péage sans barrière. Et les escrocs ont compris un truc. En réclamant une somme dérisoire, souvent entre 5 et 10 euros, ils endorment la méfiance. Qui se méfie vraiment pour 7 euros de péage oublié ? C’est précisément ce réflexe de bon citoyen pressé de régulariser qui fait tomber les gens dans le panneau.
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Face à cette vague, les gestionnaires d’autoroutes multiplient les rappels à la prudence. Ulys le martèle : la société ne demande jamais de coordonnées bancaires par SMS ou par e-mail. Un bon moyen de débusquer l’arnaque, c’est de regarder l’adresse de l’expéditeur. Seuls les courriels se terminant par arobase ulys point com ou arobase vinci-autoroutes point com sont authentiques. Tout le reste doit être considéré comme suspect.
Se protéger, en pratique, tient en quelques gestes simples. Au moindre doute, on ignore le lien reçu et on se rend directement sur le site officiel du gestionnaire pour vérifier sa situation. Si un passage n’a pas été réglé, l’information y figurera. Et si vous recevez un message douteux, le signaler aux autorités permet de freiner la machine et d’éviter que d’autres se fassent avoir.
Le problème, c’est que ce type de fraude a de beaux jours devant lui. Le péage en flux libre va se généraliser sur le réseau français dans les années qui viennent, et les escrocs suivent toujours là où il y a du monde. Chaque nouvelle technologie apporte son lot de pièges, et celui-ci a l’avantage, pour les fraudeurs, de toucher des millions d’usagers d’un coup. La meilleure protection reste la plus vieille : prendre deux secondes pour réfléchir avant de cliquer.
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