Renault le confirme : la Clio ne passera jamais au tout-électrique

Renault le confirme : la Clio ne passera jamais au tout-électrique

Fabrice Cambolive, le directeur général de Renault, n’y est pas allé par quatre chemins. La Clio ne deviendra jamais 100 % électrique. Le patron de la marque l’a répété au salon de Munich, là où la firme vient de présenter la nouvelle Clio 6. Nouveau design, abandon définitif du Diesel, mais surtout pas de bascule vers la batterie. Et ce choix, Renault l’assume totalement.

Derrière cette position, il y a une logique de gamme bien précise. Chez Renault, chaque modèle a désormais son rôle. La R5 et la R4 portent le virage électrique de la marque, avec la mission de séduire les indécis et de faire tomber les dernières réticences face au tout-électrique. Pendant ce temps, la Clio et le Captur restent sur du thermique et de l’hybride, pour viser une clientèle plus large, mélangeant particuliers et flottes d’entreprise. Pour Cambolive, le segment des citadines doit offrir plusieurs voies, pas une seule. Dans un marché européen encore hésitant, jouer la complémentarité plutôt que le tout ou rien semble plus prudent.

La nouvelle Clio mise donc sur des recettes éprouvées. Produite en Turquie, elle arrive à la commande en octobre, pour des premières livraisons début 2026. Sous le capot, le Diesel disparaît complètement au profit d’un trois cylindres 1.2 TCe de 115 chevaux, associé à une boîte manuelle ou à une double embrayage EDC. Rien de révolutionnaire, mais du connu, du fiable, et surtout du maîtrisé côté coûts.

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Car Renault ne pense pas qu’à la fiche technique. La marque a clairement en tête la valeur de revente. Cambolive veut maintenir des mensualités attractives et une bonne cote sur le marché de l’occasion, grâce à un dosage précis entre équipements et prix. L’objectif est limpide : séduire l’acheteur sans plomber son budget, ni à l’achat ni à la revente. Une Clio qui garde bien sa valeur, c’est aussi un argument commercial puissant, surtout auprès des clients qui changent de voiture régulièrement.

Ce refus d’électrifier la Clio ne veut surtout pas dire que Renault traîne des pieds sur l’électrique. C’est même tout l’inverse. En confiant cette mission à la R5 et à la R4, la marque protège des modèles plus accessibles censés démocratiser la transition, tout en gardant une Clio rentable pour le plus grand nombre. Chacun son terrain de jeu, en somme.

Au fond, cette stratégie traduit une vision lucide du marché actuel. Tout le monde n’est pas prêt à passer à l’électrique, que ce soit pour des questions de budget, d’usage ou d’habitude. En gardant une Clio hybride au catalogue, Renault s’adresse à ces conducteurs-là sans leur forcer la main. La citadine la plus vendue de France garde ainsi sa place centrale, sans venir cannibaliser les nouvelles électriques de la marque. Une façon de ménager la chèvre et le chou, et probablement la plus raisonnable.