Mercedes teste une peinture solaire qui pourrait offrir 12 000 km gratuits par an

L’idée a de quoi faire rêver tous ceux qui en ont assez de chercher une borne de recharge. Mercedes travaille sur une peinture photovoltaïque, capable de transformer la carrosserie d’une voiture électrique en panneau solaire géant. Pas un toit avec quelques cellules collées dessus, non : toute la surface de la voiture devient productrice d’électricité.
Le constructeur allemand parle d’une couche ultrafine de 5 micromètres, soit cinq millièmes de millimètre. À l’intérieur, des nanoparticules semi-conductrices captent la lumière et la convertissent en courant. Mercedes annonce un rendement énergétique de l’ordre de 20 %, ce qui est comparable aux panneaux solaires monocristallins qu’on installe aujourd’hui sur les toits des maisons. Autrement dit, on ne parle pas d’un gadget marketing mais d’une efficacité déjà sérieuse.
Le chiffre qui fait tourner les têtes, c’est l’autonomie. Sur une surface d’environ 11 m², ce qui correspond grosso modo à la carrosserie d’un SUV familial, la marque estime qu’on pourrait récupérer jusqu’à 12 000 km par an rien qu’avec le soleil. Forcément, tout dépend de l’endroit où vous habitez et roulez. Un automobiliste à Los Angeles n’aura pas le même rendement qu’un Breton sous la pluie en novembre. Mercedes évoque même des chiffres supérieurs dans les régions très ensoleillées.
En attendant la peinture solaire de série, un petit panneau pour garder sa batterie en forme :
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Le détail intéressant, c’est que cette peinture fonctionne aussi quand la voiture est à l’arrêt, garée en plein soleil sur un parking par exemple. Pas besoin de rouler pour faire le plein d’électrons. Et contrairement à beaucoup de technologies solaires, la formule ne contient ni silicium ni terres rares, ces matériaux dont l’extraction pose autant de problèmes écologiques que géopolitiques. Pour un constructeur qui veut verdir son image, c’est un argument qui compte.
Reste à ne pas s’emballer. Pour l’instant, il s’agit d’un prototype testé en conditions réelles, et aucune date de commercialisation n’est avancée. On connaît la chanson : entre l’annonce d’un laboratoire et le moment où la technologie se retrouve sur une voiture de série, il peut s’écouler des années. Sans parler du coût, de la résistance dans le temps face aux rayures et aux intempéries, ou encore de la possibilité de réparer une carrosserie qui serait aussi un générateur électrique.
Mais l’idée a le mérite de pousser la réflexion dans le bon sens. Plutôt que de courir après des batteries toujours plus grosses et plus lourdes, autant exploiter les surfaces déjà disponibles. Si la promesse des 12 000 km annuels se confirme un jour, ça couvrirait largement les trajets quotidiens de pas mal de conducteurs. De quoi laisser la prise de courant au repos une bonne partie de l’année.
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