Stellantis serre la vis : Poissy, un site historique sur la sellette

Stellantis serre la vis : Poissy, un site historique sur la sellette

Quand un géant comme Stellantis décide de revoir sa carte industrielle, ce sont des bassins d’emploi entiers qui retiennent leur souffle. Et le coup est rude pour Poissy, l’un des sites historiques de l’automobile française, dont la production de véhicules est appelée à s’arrêter. Automobile Magazine a détaillé un dossier qui dépasse largement la simple réorganisation interne.

Le calendrier est désormais posé. Stellantis a annoncé la fin de la production de voitures sur le site de Poissy à l’horizon 2028. L’usine ne fermera pas complètement ses grilles, mais elle changera de vocation : elle deviendra un centre de fabrication de pièces et de déconstruction de véhicules. Sur les 1 500 salariés que compte le site, environ 1 000 seraient conservés. Mieux qu’une fermeture sèche, certes, mais une transformation qui laisse forcément des postes sur le carreau.

Poissy n’est pas un cas isolé dans la stratégie du groupe. À l’automne 2025, Stellantis a annoncé que six usines européennes étaient concernées par des mesures de réduction d’activité. Le site francilien a notamment connu des périodes de chômage partiel, avec des milliers de salariés placés en activité réduite sur plusieurs semaines. Autant de signaux qui trahissent un groupe en pleine rationalisation, à la recherche d’économies dans un marché automobile qui ne tourne plus comme avant.

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Ce qui inquiète, c’est ce que cette décision dit de l’avenir de la production en France. Après le retrait de Poissy, Stellantis ne conserverait plus que quatre usines automobiles dans l’Hexagone : Mulhouse, Sochaux, Rennes, et Hordain pour les véhicules utilitaires. Pour un groupe né de la fusion de marques profondément ancrées dans le patrimoine français, voir le périmètre industriel national se réduire à ce point a quelque chose de symbolique, et de douloureux pour les salariés concernés.

Les raisons avancées sont toujours les mêmes : électrification coûteuse, concurrence asiatique agressive, ventes en berne et nécessité d’adapter les capacités de production à une demande qui ralentit. Sur le papier, la logique économique se défend. Sur le terrain, ce sont des familles, des sous-traitants et toute une économie locale qui encaissent le contrecoup d’arbitrages décidés très loin de la chaîne de montage.

Reste la question de fond, celle que beaucoup se posent désormais. Jusqu’où ira ce mouvement de concentration ? Chaque annonce de ce type ravive la crainte d’un désengagement progressif de l’industrie automobile sur le sol français, au profit de sites jugés plus rentables ailleurs. Poissy, avec son histoire et son poids symbolique, devient un peu le marqueur de cette inquiétude. Les salariés, eux, attendent surtout des garanties concrètes sur l’après-2028, bien au-delà des communiqués rassurants. Et pour l’instant, ces garanties tardent à venir.

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