La France fait volte-face sur le FSD de Tesla et laisse deux voitures le tester sur ses routes

La France a changé d’avis sur la conduite autonome de Tesla. Cet été, le ministre des Transports Philippe Tabarot avait fermé la porte au Full Self-Driving, le logiciel que la marque appelle « conduite automatique supervisée ». Le 2 septembre, après une visioconférence avec Elon Musk, il a annoncé l’inverse : deux véhicules équipés du système vont finalement rouler en essai sur des routes françaises ouvertes.
Le revirement est rapide. Le 22 juillet, le même ministre expliquait que le dispositif n’offrait pas assez de garanties pour être homologué. Deux reproches revenaient. D’abord la vitesse, puisque le logiciel tolérerait des dépassements allant jusqu’à 50 % au-dessus de la limite affichée, de quoi grimper tranquillement à 120 km/h sur une route limitée à 80. Ensuite la surveillance du conducteur, jugée trop permissive, alors que c’est bien lui qui reste responsable en cas de pépin.
Entre-temps, l’échange avec Musk a visiblement suffi à faire bouger les lignes. Tabarot parle d’un « échange constructif » sur les adaptations techniques que la France pourrait accepter. Concrètement, deux Tesla vont être suivies en conditions réelles, et les premiers résultats sont attendus dans le courant du mois.
Puisqu’on parle de ce qui se passe au volant, une petite caméra embarquée garde une trace de la route, au cas où :
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Il y a quand même une bizarrerie dans cette histoire. L’abonnement au FSD est déjà vendu chez nous, à 99 euros par mois sans engagement depuis le printemps, après la disparition de l’option en achat définitif. Autrement dit, des automobilistes français paient depuis des mois une fonction qu’ils n’ont pas le droit d’activer sur la route. Les essais qui démarrent servent justement à savoir si cette situation peut enfin évoluer.
Tout ne se jouera pas à Paris, d’ailleurs. La décision finale se prendra à l’échelle européenne, et un vote pourrait intervenir dès octobre. Pour valider une homologation, il faudra au moins quinze États membres représentant 65 % de la population de l’Union. La France, en ouvrant ses routes aux essais, pousse surtout le dossier vers Bruxelles.
De son côté, Tesla continue d’avancer ses chiffres : selon la marque, le FSD enregistre 4,1 fois moins de collisions que la conduite manuelle, sur plus de 100 millions de kilomètres parcourus dans cinq pays européens. Les essais diront si ça tient la route chez nous. En attendant, on paie toujours pour une option qui dort dans la voiture.
Crédit photo : Leo Nguyen (CC BY-SA 4.0)
