Voici les villes françaises où la voiture a déjà perdu la bataille

Voici les villes françaises où la voiture a déjà perdu la bataille

On parle souvent des grandes capitales étrangères qui chassent la voiture de leur centre, mais la France a ses propres champions, dans un sens comme dans l’autre. Un classement des grandes villes selon la place réelle de l’automobile vient le rappeler, et le résultat est sans appel.

En tête des villes où la voiture est la moins présente, on retrouve sans surprise Paris. Dans la capitale, seuls 12,8 % des déplacements se font en voiture. Le reste passe par les transports en commun, qui pèsent près de 32 % des trajets, par la marche et, de plus en plus, par le vélo, qui représente environ 3 % des déplacements.

Le chiffre parisien est spectaculaire quand on le compare au reste du pays. Il s’explique par un réseau de métro dense, un maillage de bus serré, et des politiques municipales qui ont multiplié les pistes cyclables et réduit le nombre de places de stationnement. Résultat, prendre sa voiture dans Paris est devenu un choix par défaut plutôt qu’un réflexe.

À l’autre bout du classement, c’est le grand Sud qui domine. Toulon affiche le taux d’usage de la voiture le plus élevé parmi les villes étudiées, avec 52,6 % des déplacements réalisés au volant. Plus d’un trajet sur deux se fait donc en automobile, soit quatre fois plus qu’à Paris.

Toulon n’est pas seule. Nice, Toulouse, Montpellier, Marseille ou encore Saint-Étienne figurent parmi les villes les plus dépendantes de la voiture. Le point commun saute aux yeux, ce sont surtout des agglomérations du sud de la France.

L’explication tient en partie à l’offre de transports. Là où le métro, le tramway et les aménagements cyclables se sont développés, la part de la voiture recule. Là où ces alternatives manquent ou restent limitées, l’automobile garde la main, tout simplement parce qu’il n’existe pas vraiment d’autre solution pratique.

Ces données s’appuient sur les enquêtes de mobilité menées par le Cerema, l’organisme public spécialisé dans les questions de transport et d’aménagement, et compilées par le bureau d’études Adetec. Elles mesurent la réalité des déplacements quotidiens, pas seulement les intentions ou les discours.

Le classement en dit long sur la fracture entre des métropoles qui ont massivement investi dans les alternatives et des villes où la voiture reste reine, faute de mieux. Il rappelle aussi que la place de l’automobile n’est pas une fatalité, mais le produit de choix politiques et d’aménagements.

Pour les automobilistes du Sud, le message est ambigu. La voiture reste indispensable, mais les municipalités regardent de près ces chiffres, et la tendance générale pousse à réduire sa place en ville. Reste à savoir si les transports suivront le rythme avant que les contraintes ne s’accumulent.

Crédit photo : DR

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Là où la voiture recule, le vélo et la trottinette gagnent du terrain. Encore faut-il les retrouver au retour : un antivol en U sérieux reste le minimum syndical en ville.

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