Stellantis veut faire disparaître le chargeur et l’onduleur dans la batterie

Stellantis veut faire disparaître le chargeur et l'onduleur dans la batterie

Stellantis travaille depuis des années sur une idée qui peut sembler abstraite, mais qui pourrait changer la façon de concevoir les voitures électriques. Le constructeur, qui regroupe Peugeot, Citroën, Fiat ou encore Opel, planche sur un projet baptisé IBIS, pour Intelligent Battery Integrated System, autrement dit batterie intelligente intégrée.

L’idée de départ est simple à résumer. Aujourd’hui, une voiture électrique embarque une grosse batterie, mais aussi un chargeur et un onduleur. Ce dernier est la pièce qui transforme le courant continu stocké dans la batterie en courant alternatif, celui dont le moteur électrique a besoin pour tourner. Ces composants prennent de la place, coûtent cher et ajoutent du poids.

Le projet IBIS propose de supprimer ces boîtiers séparés. Leurs fonctions sont directement glissées à l’intérieur des modules de batterie, grâce à des cartes électroniques de conversion. En clair, la batterie produit elle-même le courant alternatif envoyé au moteur, sans passer par un onduleur dédié.

Stellantis travaille sur ce chantier depuis 2016, avec le spécialiste français des batteries Saft, filiale de TotalEnergies, mais aussi des laboratoires de recherche et des universités. Le projet a donc une forte coloration française, ce qui n’est pas anecdotique pour un groupe qui cherche à ancrer une partie de sa technologie en Europe.

Les bénéfices annoncés sont multiples. En réduisant le nombre de pièces, on gagne de la place dans la voiture et on allège l’ensemble. On baisse aussi les coûts de fabrication, un point sensible quand on sait que la batterie reste l’élément le plus cher d’une électrique. Le rendement et l’autonomie devraient progresser, puisque l’énergie circule de façon plus directe.

Il y a un autre avantage, plus discret mais intéressant. Chaque module de batterie est piloté de manière indépendante. Si l’un d’eux tombe en panne, il n’immobilise pas toute la voiture, contrairement à un pack classique où une cellule défaillante peut bloquer le système entier. Mieux encore, un module pourrait être remplacé seul, sans changer la batterie complète. De quoi imaginer des réparations moins lourdes et moins coûteuses.

Stellantis envisageait un premier véhicule de démonstration équipé de cette technologie dès 2024, avant un déploiement commercial visé pour la fin de la décennie. Le calendrier reste donc prudent, et il faudra vérifier en conditions réelles que les promesses tiennent la route une fois sur un vrai modèle de série.

La technologie ne se limite pas à l’automobile. Stellantis évoque aussi le stockage stationnaire d’énergie, pour les bâtiments ou les réseaux électriques, là où une solution compacte et fiable a tout son sens.

Pour l’automobiliste, l’intérêt est concret. Une électrique moins chère à produire pourrait, à terme, se vendre moins cher. Et une batterie réparable module par module changerait la donne sur la durée de vie réelle des voitures. Reste à voir quand ces idées passeront du laboratoire au concessionnaire.

Crédit photo : DR

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