La crise ne touche pas les voitures de luxe !

Pendant que le marché automobile traversait l’une des pires zones de turbulences de son histoire récente, entre pénurie de semi-conducteurs, inflation galopante et chute des immatriculations, un segment a continué de prospérer comme si de rien n’était : celui du très haut de gamme. Les grandes maisons du luxe automobile ont aligné les records, démontrant une fois de plus que leur clientèle vit dans un monde où les crises ordinaires n’ont guère de prise.
Le cas de Rolls-Royce résume parfaitement ce phénomène. La marque britannique a livré 6 021 voitures sur l’année, soit une hausse de 7,8 % par rapport à l’exercice précédent. Il s’agit tout simplement du meilleur résultat de son histoire, en plus de 118 ans d’existence. Pendant ce temps, le marché automobile britannique dans son ensemble tombait à son plus bas niveau depuis trois décennies. Le contraste est saisissant et en dit long sur la déconnexion entre le luxe extrême et le reste de l’économie.
Bentley n’est pas en reste. Le constructeur de Crewe a écoulé 15 174 véhicules, en progression de 14 %, franchissant pour la première fois de son histoire la barre symbolique des 15 000 unités vendues sur une année. Une performance d’autant plus notable que ces voitures se négocient pour la plupart à plusieurs centaines de milliers d’euros une fois les options ajoutées. Visiblement, l’appétit pour les grandes routières d’exception ne faiblit pas.
Du côté de l’Italie, Lamborghini a lui aussi pulvérisé ses compteurs avec plus de 9 200 exemplaires livrés, soit une croissance de 10 %. Mieux encore, la firme de Sant’Agata Bolognese annonçait avoir déjà vendu l’intégralité de sa production prévue jusqu’au début de l’année suivante. Autrement dit, il fallait patienter de longs mois avant d’espérer prendre livraison d’un taureau. Quand la demande dépasse à ce point l’offre, la notion même de crise perd tout son sens.
Comment expliquer une telle insolence ? La clientèle de ces marques se compte parmi les plus grandes fortunes de la planète, peu sensibles aux variations du pouvoir d’achat ou au prix du carburant. Pour ces acheteurs, une Rolls-Royce ou une Lamborghini relève davantage du placement, de l’objet de collection ou du symbole social que du simple moyen de transport. Et dans un contexte d’incertitude économique, les biens rares et tangibles ont même tendance à devenir plus désirables encore.
Cette résilience interroge tout de même sur l’état du marché automobile à deux vitesses. D’un côté, des particuliers contraints de repousser l’achat d’une citadine faute de disponibilité ou de budget. De l’autre, une élite qui s’arrache des véhicules à plusieurs centaines de milliers d’euros sans sourciller. Les chiffres du luxe automobile, aussi spectaculaires soient-ils, racontent finalement autant une réussite industrielle qu’un révélateur des inégalités du moment.
Crédit photo : DR
Pour prolonger le rêve, ce beau livre rassemble les plus belles autos d’exception de l’histoire.
1200 voitures de légende (Larousse) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
