Comment la Dacia Spring peut-elle encore s’en sortir ?

La Dacia Spring traverse une zone de turbulences. Cette petite citadine électrique, longtemps présentée comme la voiture branchée la moins chère du marché, voit ses ventes s’effondrer et son modèle économique vaciller. La question se pose désormais sans détour : comment Dacia compte-t-il sauver les meubles ?
Les chiffres font mal. Sur les cinq premiers mois de 2024, la Spring n’a trouvé que 2 888 acheteurs en France, contre 15 083 unités sur le premier semestre 2023. La citadine est ainsi passée de la quatorzième à la soixante-huitième place du classement français. Une dégringolade brutale pour une voiture qui s’arrachait il n’y a pas si longtemps.
Le premier coup dur, c’est la fin du bonus écologique pour ce modèle. Produite en Chine, la Spring a été exclue des aides françaises, qui privilégient désormais les voitures à l’empreinte carbone de fabrication plus faible. Pour une auto dont le principal argument était le prix plancher, perdre plusieurs milliers d’euros d’aide revient à scier la branche sur laquelle elle était assise.
Le second coup dur, ce sont les droits de douane européens. Depuis juillet 2024, la Spring subit une majoration de 21 % sur sa facture en raison des nouvelles taxes visant les véhicules fabriqués en Chine. Conséquence directe, son prix est passé d’environ 18 900 euros à près de 22 800 euros, soit près de 4 000 euros de plus. À ce tarif, l’argument du « pas cher » s’effondre complètement.
Pour recharger une citadine électrique sans prise de tête, un câble Type 2 reste l’achat malin :
Câble de recharge Type 2 22 kW (ABSINA) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Et techniquement, la Spring ne brille pas non plus. Malgré sa mise à jour esthétique récente, elle se contente d’une batterie de 26,8 kWh offrant à peine 225 kilomètres d’autonomie, avec des moteurs de 45 à 65 chevaux qui manquent franchement de tonus pour la conduite moderne. C’était acceptable quand le prix était imbattable, ça l’est beaucoup moins une fois la facture alourdie.
La concurrence ne lui fait pas de cadeau. La Citroën ë-C3, par exemple, est affichée autour de 23 300 euros mais propose une batterie de 44 kWh, soit environ 320 kilomètres d’autonomie, et 113 chevaux. Pour quelques centaines d’euros de plus, l’acheteur obtient une voiture nettement plus polyvalente et plus agréable. Difficile, dans ces conditions, de justifier le choix de la Spring.
Face à ce mur, Dacia explore deux pistes. La première consiste à absorber une partie des coûts via des remises, histoire de maintenir un prix attractif quitte à rogner sur les marges. La seconde, plus radicale, serait de relocaliser la production hors de Chine pour échapper aux droits de douane. Sauf que cette relocalisation entraînerait elle aussi une hausse de prix, estimée autour de 6 %. Moins lourde que les 21 % de taxes, certes, mais toujours problématique pour une voiture censée rester l’électrique du peuple.
Au fond, la Spring incarne tout le dilemme des constructeurs qui s’appuyaient sur la Chine pour proposer de l’électrique abordable. Le contexte a changé, les règles aussi, et il faut désormais réinventer la recette. Pour Dacia, l’enjeu est de taille : sans Spring compétitive, la marque perd son ticket d’entrée vers la mobilité électrique pas chère.
Crédit photo : DR
