L’E85 à 0,80 euro fait rêver, mais si vous roulez en PureTech, méfiance

Moteur trois cylindres PureTech de Stellantis vu dans son compartiment moteur

Avec le SP95 qui frôle encore les 1,90 euro le litre cet été, l’E85 fait des yeux doux à tout le monde. À la pompe, le superéthanol se traîne autour de 0,80 euro, soit plus de deux fois moins cher. Forcément, l’idée de convertir sa voiture trotte dans beaucoup de têtes. Sauf que si vous roulez en PureTech, la bonne affaire peut vite tourner au gouffre.

Petit rappel pour ceux qui débarquent. L’E85, ou superéthanol, c’est un carburant composé jusqu’à 85% d’éthanol, produit à partir de betterave ou de céréales. Pour qu’un moteur essence classique l’accepte, il faut lui greffer un boîtier de conversion homologué, monté par un installateur agréé. Comptez entre 700 et 1 600 euros posé selon la motorisation. À raison de 700 à 2 000 euros d’économies par an pour un gros rouleur, l’opération se rembourse souvent en un à deux ans. Sur le papier, c’est imparable.

Le problème, c’est le moteur PureTech. Ce trois-cylindres essence de Stellantis, qu’on retrouve sous des millions de capots Peugeot, Citroën, Opel et DS depuis 2012, traîne déjà une réputation abîmée. Courroie de distribution qui baigne dans l’huile et se délite, consommation d’huile anormale, casses moteur : les galères sont documentées, et Stellantis a fini par étendre sa garantie jusqu’à 10 ans ou 180 000 km sur les versions concernées.

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Si vous roulez déjà à l’E85 sur un moteur compatible, un additif lubrifiant limite l’usure et protège les injecteurs entre deux pleins.

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Or l’éthanol vient ajouter ses propres contraintes sur un bloc déjà fragile. Il brûle différemment, réclame environ 25 à 30% de carburant en plus, démarre mal à froid l’hiver, et son affinité avec l’eau peut attaquer les injecteurs qui n’ont pas été pensés pour ça. Sur les PureTech à injection directe, les spécialistes pointent aussi un risque d’encrassement accéléré et une dilution de l’huile qui use le moteur plus vite. Bref, on met un carburant exigeant dans un moteur qui n’aime déjà pas trop qu’on le brusque.

Et il y a le détail qui fâche. Stellantis n’a jamais validé l’E85 sur le PureTech. En clair, si votre moteur rend l’âme après la pose d’un boîtier, la garantie constructeur saute. Une casse, c’est facilement 5 000 euros de facture. Les quelques centaines d’euros grattés à la pompe ont alors un goût amer.

Alors oui, l’E85 reste une vraie bonne piste pour beaucoup d’essences bien construites. Mais si vous avez un PureTech, faites vos comptes deux fois avant de sortir le carnet de chèques.

Crédit photo : TheMalsa (CC BY-SA 4.0)