Toyota fait rouler une Camry à 7 cylindres, et la combine est plus maligne qu’il n’y paraît

Sur le papier, ça ressemble à une blague d’ingénieur. Toyota a présenté une Camry GR de course affichant sept cylindres, une configuration qu’on ne trouve nulle part sur la route. Et pour cause : le sept-cylindres n’existe quasiment pas dans l’automobile.
En grande série, les architectures à nombre impair s’arrêtent au cinq-cylindres. Au-delà, ça coince. La raison est purement physique. Sur un bloc à nombre impair de cylindres, l’équilibrage des masses en mouvement devient un casse-tête. Les vibrations ne s’annulent pas naturellement comme sur un quatre ou un six-cylindres en ligne. Résultat, personne ne s’amuse à fabriquer ça pour de vrai.
Sauf que Toyota a bel et bien aligné une Camry estampillée sept-cylindres lors de la manche de Fuji du championnat japonais Super Taikyu. Alors, miracle d’ingénierie ?
Pas vraiment. La vraie réponse est sous la carrosserie, et elle est nettement plus terre à terre. Le constructeur n’a pas coulé un bloc inédit. Il a juxtaposé deux moteurs distincts.
À l’avant, on retrouve le trois-cylindres turbo emprunté à la petite Yaris GR, une mécanique survitaminée qui flirte déjà avec les 300 chevaux en version de série. À l’arrière, un second bloc totalement indépendant, un quatre-cylindres de deux litres, vient entraîner l’essieu. Trois plus quatre, ça fait sept. Voilà d’où sort le fameux chiffre.
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Toyota maîtrise déjà ce principe du double moteur sur des modèles comme le Yaris Cross à transmission intégrale. La différence ici, c’est qu’il n’y a pas la moindre électrification. Tout est thermique, des deux côtés. Et avec deux blocs aussi pointus, la puissance cumulée promet d’être considérable.
Reste à comprendre pourquoi se donner tout ce mal. Cette Camry ne verra évidemment jamais une chaîne de production. Le championnat Super Taikyu sert de terrain d’essai aux marques japonaises qui cherchent à prolonger la vie du moteur à combustion. Mazda y teste par exemple un système de captage du CO2 directement à l’échappement.
Ces efforts en disent long sur la position du Japon face à la voiture électrique. Là-bas, l’électrique reste sous la barre des 2 % du marché, quand les États-Unis tournent plutôt entre 5 et 8 %. Le pays traîne des pieds, et ce genre de prototype le confirme.
Techniquement, la démarche force le respect. Bricoler un sept-cylindres fonctionnel à partir de deux moteurs, ce n’est pas rien. Mais stratégiquement, on peut se gratter la tête. Investir autant d’énergie pour perfectionner une technologie centenaire, alors que la Chine et l’Europe avancent à grande vitesse sur l’électrique, ça ressemble à une résistance un peu têtue. Ce retard pourrait coûter cher aux constructeurs nippons.
Et vous, vous y voyez une belle prouesse d’ingénieur ou un combat d’arrière-garde ?
Crédit photo : DR
