Leapmotor : Stellantis assemble ses premières voitures chinoises en Pologne

Leapmotor : Stellantis assemble ses premières voitures chinoises en Pologne

C’est une première dans l’industrie automobile. Stellantis a révélé que les premières Leapmotor destinées à l’Europe ne viennent pas de Chine, mais de Pologne. Les exemplaires de pré-série sont sortis de l’usine de Tychy, et ils arriveront bientôt en France. Un constructeur occidental qui fabrique et vend des voitures chinoises sur le Vieux Continent, on n’avait jamais vu ça.

Le groupe avait gardé le secret sur le lieu de production, jusqu’à ce qu’un porte-parole le confirme au média Automobilwoche. Le choix de Tychy n’est pas un hasard. Cette usine assemble déjà les Fiat 600 et Jeep Avenger, et surtout, le coût de production y est environ deux fois inférieur à celui de l’Italie. De quoi agacer Rome, dont les relations avec Stellantis sont déjà tendues sur d’autres dossiers.

Le plus surprenant, c’est le revirement de Carlos Tavares. Le patron de Stellantis n’a cessé d’alerter sur la menace que représentaient les constructeurs chinois. Et le voilà qui signe un accord pour produire des Leapmotor dans ses propres usines européennes. Les deux camps parlent d’un partenariat gagnant-gagnant. Leapmotor accède au marché européen sans se prendre les droits de douane de plein fouet, et Stellantis récupère une électrique pas chère, exactement le genre de voiture difficile à produire de façon rentable en Europe de l’Ouest.

Le bal commence avec la T03, une petite citadine électrique annoncée autour de 20 000 euros. Sauf que son positionnement interroge déjà, puisque la future ë-C3 de Stellantis vise un tarif comparable, bonus déduit. Difficile de ne pas y voir un risque de concurrence interne, même si le groupe jure que ses marques ne se marcheront pas sur les pieds.

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Un second modèle suivra, le C10, un petit SUV qui sera lui aussi assemblé pour plusieurs marchés européens. Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, Espagne, Portugal, Belgique, Grèce et Roumanie sont concernés. Pour la distribution, Leapmotor s’appuie sur le réseau maison de Stellantis, avec plus de 200 points de vente prévus à travers l’Europe. Pas besoin de bâtir un réseau de zéro, tout est déjà là.

L’enjeu est clair. Face à des Chinois qui veulent inonder l’Europe d’électriques abordables, Stellantis a choisi de jouer avec eux plutôt que contre eux. Une stratégie maligne sur le papier, mais qui pose une vraie question. En produisant lui-même ces voitures, le groupe ne risque-t-il pas d’affaiblir ses propres modèles ? La réponse viendra des premières ventes.

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