Un français se prépare aux derniers Grand Prix d’IndyCar de la saison

Le nom de Romain Grosjean a longtemps été associé à la Formule 1, avec ses coups d’éclat comme ses sorties de route. Après son terrible accident de Bahreïn fin 2020, beaucoup le croyaient rangé des voitures. Le Franco-Suisse a pourtant choisi de rebondir là où on ne l’attendait pas forcément : aux États-Unis, dans le championnat IndyCar, une discipline réputée aussi spectaculaire qu’impitoyable.
Pour un pilote européen biberonné à la F1, le pari n’avait rien d’évident. L’IndyCar mélange les genres avec ses circuits routiers, ses tracés urbains et surtout ses ovales, ces anneaux de vitesse où les monoplaces tournent à plus de 300 km/h à quelques centimètres des murs. Un univers à part, qui demande un apprentissage complet et une bonne dose de sang-froid.
Grosjean a pris le temps d’apprivoiser la discipline. Plutôt que de se jeter tête baissée sur les ovales les plus rapides, il a d’abord privilégié les circuits routiers, plus proches de ce qu’il connaissait. Une approche prudente, mais payante, qui lui a permis de se faire un nom outre-Atlantique et de décrocher de bons résultats dès ses premières courses, jusqu’à goûter aux avant-postes.
En fin de saison, le Français se préparait donc aux derniers Grand Prix du calendrier, ces rendez-vous qui comptent double dans la tête d’un pilote en quête de confirmation. L’objectif était double : engranger de l’expérience sur des tracés inédits pour lui, et soigner son classement au championnat avant la coupure hivernale. Chaque course devenait une occasion de prouver que son passage en IndyCar n’avait rien d’une simple parenthèse.
Ce qui frappait, à l’époque, c’était l’enthousiasme retrouvé du bonhomme. Loin de la pression étouffante de la F1 et de ses jeux politiques, Grosjean semblait redécouvrir le plaisir de piloter. Les fans américains, eux, ont vite adopté ce pilote au caractère bien trempé, capable de défendre chèrement sa position et de hausser le ton quand il estimait avoir été lésé en piste.
Pour le public français, suivre l’aventure relevait parfois du parcours du combattant, horaires décalés obligent. Mais voir un compatriote briller dans un championnat aussi exigeant valait bien quelques nuits écourtées. L’IndyCar, longtemps boudée par les médias hexagonaux, gagnait soudain en visibilité grâce à cette histoire de seconde chance.
La suite de la carrière américaine de Grosjean a confirmé que ce choix n’avait rien d’un caprice. Le pilote a continué à courir aux États-Unis, multipliant les expériences, du sport automobile d’endurance au retour récent en IndyCar. La preuve qu’un pilote qu’on croyait en fin de course peut se réinventer ailleurs, loin des paddocks qui l’ont vu grandir.
Ces derniers Grand Prix de saison ressemblaient finalement à un symbole. Celui d’un compétiteur qui refusait de raccrocher, et qui prenait un plaisir manifeste à écrire un nouveau chapitre, sur un continent et dans une discipline où tout restait à prouver.
Illustration generee par IA
Pour comprendre le parcours du pilote, son recit-choc revient sur l’accident qui a tout change.
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