Stellantis renoue avec les bénéfices, mais c’est l’Amérique qui paie l’addition pendant que l’Europe rame

Logo officiel du groupe Stellantis

Stellantis vient de publier ses comptes du premier semestre 2026, et le groupe repasse enfin dans le vert. 670 millions d’euros de bénéfice net, alors qu’un an plus tôt le constructeur affichait une perte abyssale de 2,3 milliards. Le chiffre d’affaires grimpe de 10 %, à 81,6 milliards. Sur le papier, la maison mère de Peugeot, Citroën, DS, Opel, Fiat et Alfa Romeo a stoppé l’hémorragie.

Sauf que voilà, quand on regarde d’où vient l’argent, l’enthousiasme retombe un peu. Le redressement est presque entièrement américain. En Amérique du Nord, les livraisons bondissent de 27,2 %, à 824 000 véhicules, et le chiffre d’affaires de la région grimpe de 21 % pour atteindre 34,3 milliards. Ce sont les gros pick-up Ram 1500, les Jeep Grand Wagoneer, la Chrysler Pacifica et le Dodge Durango qui tirent la charrette. Des modèles qu’on ne croise jamais sur nos routes.

Et l’Europe, dans tout ça ? C’est le plus gros volume du groupe, 1,4 million de voitures livrées, en hausse de 8,4 %. La belle progression s’arrête net quand on regarde le chiffre d’affaires du Vieux Continent, à 30,8 milliards, soit à peine 0,7 % de mieux qu’il y a un an. Autrement dit, Stellantis vend plus de voitures en Europe, mais elles ne rapportent presque rien. La faute à une politique de prix agressive et à des marges qui fondent.

Cette pression, on la connaît bien en France, où les BYD, MG, Leapmotor et autres Chery multiplient les concessions et cassent les prix. Stellantis se retrouve à défendre ses parts de marché à coups de remises, ce qui remplit les parkings mais vide un peu les caisses.

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Pour la France, c’est là que le bât blesse. Les usines tricolores, de Sochaux à Mulhouse en passant par Poissy, Rennes et Hordain, tournent pour ce marché européen sous pression, pas pour les pick-up qui cartonnent outre-Atlantique. Un groupe qui gagne de l’argent aux États-Unis mais qui rame chez nous, ça met forcément les sites français dans une position inconfortable, avec la question récurrente des volumes et de l’emploi derrière.

Antonio Filosa, le patron, garde le sourire et confirme les objectifs annuels. Il se dit confiant dans la capacité du groupe à atteindre ses objectifs financiers 2026. On veut bien le croire, mais la mécanique de ce redressement repose sur un déséquilibre qui n’a rien de très rassurant à long terme pour le Vieux Continent.

Revenir de 2,3 milliards de pertes à 670 millions de bénéfices en douze mois, c’est quand même un sacré virage. Il faudra juste que l’Europe, et donc la France, finisse par en voir la couleur.

Crédit photo : Wikimedia Commons