À partir du 1er janvier 2027, ce ne sera plus seulement l'État qui décide où planter un radar automatique. Les communes, les intercommunalités et les départements pourront financer et installer les leurs, sur les routes dont ils ont la charge. Le principe traîne dans les tuyaux depuis la loi 3DS de 2022, un décret de mars 2024 a fixé la marche à suivre, et les premières verbalisations ne tomberont pas avant l'an prochain.
Dans les faits, un maire qui trouve qu'on roule trop vite devant l'école du quartier pourra réclamer un radar. Pas question de le poser n'importe où du jour au lendemain, quand même : l'emplacement devra passer par une étude d'accidentalité et recevoir le feu vert du préfet. L'idée affichée, c'est de couvrir les points noirs que l'État avait laissés de côté.
Sauf que voilà, le nerf de la guerre, c'est l'argent. La commune paie la machine, et une machine coûte cher : entre 100 000 et 160 000 euros l'unité, sans compter l'entretien et les réparations après chaque coup de disqueuse d'un automobiliste énervé. Pour donner une idée, remplacer les radars vandalisés coûte déjà 20 à 40 millions d'euros par an à l'échelle du pays.
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Le problème, c'est que l'argent des amendes, lui, part toujours dans les caisses de l'État. Une ville qui débourse pour son radar ne récupère pas pour autant les PV qu'il génère. La répartition est renvoyée à la loi de finances, autant dire qu'elle reste floue. L'Association des maires de France réclame au moins une part juste du gâteau, et les élus locaux flairent le transfert de charges maison : on vous refile la facture, on garde la recette.
Du côté des automobilistes, l'accueil est glacial. Pierre Chasseray, de 40 Millions d'automobilistes, dénonce un conflit d'intérêts et une dimension politique donnée au radar. En face, la Sécurité routière assume : la mortalité est repartie à la hausse début 2026, et on compte déjà autour de 4 750 radars sur les routes françaises.
La vraie question, c'est de savoir combien de maires vont vraiment se lancer. Payer 150 000 euros pour verbaliser au profit de l'État, il n'y a pas foule pour signer. L'Argus prévient d'ailleurs qu'il ne faut pas imaginer les 35 000 communes de France se ruer sur le dispositif. La loi ouvre la porte, mais peu de monde semble pressé de la franchir.
Crédit photo : Illustration générée par IA




