L’Isère repasse la totalité de ses routes à 90 km/h au 1er janvier 2027

L’Isère a tranché. À partir du 1er janvier 2027, l’ensemble de ses routes départementales, soit 3 076 kilomètres, repassera de 80 à 90 km/h. Le département rejoint ainsi le petit club de ceux qui ont déjà relevé la limite sur la totalité de leur réseau, aux côtés de l’Allier, du Cantal, de la Corrèze, de la Creuse ou encore du Puy-de-Dôme.
Petit rappel pour celles et ceux qui auraient décroché du feuilleton. En juillet 2018, l’État abaisse à 80 km/h la vitesse sur les routes secondaires sans séparateur central, au nom de la sécurité routière. Levée de boucliers immédiate. Un an plus tard, la loi d’orientation des mobilités rend la main aux présidents de département : chacun peut désormais remonter la limite à 90 sur les tronçons qu’il juge sûrs. Beaucoup ne s’en sont pas privés.
Résultat, à la mi-2026, 52 départements sur 96 sont revenus au 90, en totalité ou par portions. La France est redevenue majoritairement pro-90. Et l’Isère, qui expérimentait déjà la mesure depuis 2022 sur 167 kilomètres d’anciennes nationales, franchit le pas pour de bon.
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L’argument du conseil départemental tient en une phrase : les études d’accidentalité menées localement montrent que le passage à 80 n’a rien changé, ni sur le nombre d’accidents, ni sur le comportement des conducteurs. Bernard Perazio, vice-président aux mobilités, met aussi en avant une meilleure lisibilité de la signalisation, avec à la clé un respect plus sérieux des zones vraiment dangereuses.
Car le retour au 90 ne signifie pas pied au plancher partout. En parallèle, l’Isère abaisse la vitesse dans 50 traversées de hameaux, à 70 voire 50 km/h, et ajoute des ralentissements devant 79 entrées d’agglomération. L’idée est de concentrer la contrainte là où elle sert vraiment, plutôt que d’appliquer un 80 uniforme sur des lignes droites dégagées. Le département rappelle au passage qu’il injecte 100 millions d’euros par an dans l’entretien de son réseau.
Reste que tout ne repassera pas mécaniquement à 90. Le Conseil national de la sécurité routière réserve la mesure aux sections d’au moins 10 kilomètres, sans tourne-à-gauche, sans arrêt de bus et sans accès agricole hasardeux. Autant dire que sur certaines départementales tortueuses, le compteur restera bloqué à 80. Les automobilistes isérois vont devoir lire les panneaux de près.
Crédit photo : Marc Mongenet (CC BY-SA 4.0)
