Le SUV électrique chinois Leapmotor B10 va être assemblé en Espagne pour échapper à la taxe de 30,7 %

Le SUV électrique Leapmotor B10 de profil, en studio

Vous ne connaissez peut-être pas encore Leapmotor. C’est une marque chinoise, née en 2015, et son SUV électrique compact, le B10, arrive dans les concessions françaises à partir de 28 400 euros. Jusque-là, rien de très original: les constructeurs chinois débarquent chez nous les uns après les autres. Sauf que voilà, celui-ci a une particularité qui change pas mal de choses.

À partir de cette rentrée, le B10 ne sera plus fabriqué en Chine mais à Saragosse, en Espagne, dans une usine Stellantis. Oui, Stellantis, le groupe de Peugeot, Citroën et Opel. Le géant franco-italien détient environ 21 % de Leapmotor et pilote la vente de ses voitures hors de Chine. Résultat, un véhicule pensé à Hangzhou finit assemblé en Europe, sur des lignes qui produisent aussi des modèles bien de chez nous.

Le calcul derrière tout ça, c’est la douane. Depuis fin 2024, l’Union européenne applique une surtaxe qui peut grimper à plus de 30 % sur les voitures électriques importées de Chine, histoire de protéger l’industrie du continent. En produisant directement en Espagne, Leapmotor passe entre les gouttes: plus d’importation, donc plus de 30,7 % à régler à l’entrée. L’usine de Saragosse vise d’abord 40 000 exemplaires par an, avec une ambition qui monte jusqu’à 200 000 voitures de la marque à terme.

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Côté fiche technique, le B10 mesure un peu plus de 4,50 mètres et joue dans la cour des SUV familiaux comme le Peugeot 3008. Il embarque un moteur de 218 chevaux et deux tailles de batterie: 56,2 kWh pour 361 km d’autonomie WLTP, ou 67,1 kWh pour 434 km sur la version PROMAX. Rien d’extraordinaire sur le papier, mais un rapport prix-équipement plutôt agressif, avec une dotation techno assez complète pour la catégorie.

Ce qui est amusant dans l’histoire, c’est que Stellantis aide donc une marque chinoise à contourner des taxes censées justement défendre… Stellantis. Le groupe y gagne des volumes et une usine qui tourne, quitte à concurrencer ses propres Peugeot et Citroën électriques. Pour l’acheteur français, en tout cas, l’équation est simple: un SUV électrique correctement équipé sous les 30 000 euros, assemblé en Europe, avec le réseau Stellantis derrière pour le service après-vente. À ce tarif-là, la provenance passera sans doute au second plan.

Crédit photo : Automobile Propre