Le Cayenne électrique va plus vite que la 918 Spyder, et ça veut tout dire

Porsche vient de boucler un drôle de tour de force. Son nouveau gros SUV électrique, le Cayenne Electric, abat le 0 à 100 km/h en 2,5 secondes. Pour situer, c’est plus rapide que la 918 Spyder, l’hypercar hybride de la marque qui tournait à 2,6 secondes. Une supercar mythique coiffée au démarrage par un SUV familial de plus de 2,5 tonnes. On vit une époque formidable.
Les chiffres donnent le vertige. En mode launch control, le Cayenne Electric développe jusqu’à 1 156 chevaux. En usage courant, il reste calé sur 857 chevaux, ce qui est déjà largement au-dessus de tout ce qu’un conducteur normal saura exploiter. Transmission intégrale, évidemment, parce qu’il faut bien faire passer cette cavalerie au sol sans transformer chaque feu rouge en numéro de patinage.
Alors oui, il faut relativiser. Ce duel ne porte que sur l’accélération en ligne droite, l’exercice où le couple instantané des moteurs électriques fait des miracles. Sur circuit, avec des virages, des freinages et un poids à gérer dans les courbes, la 918 Spyder remettrait probablement les pendules à l’heure. Deux tonnes et demie, ça ne s’efface pas comme par magie dès qu’on quitte la ligne droite. Et le Taycan, la berline électrique maison, reste d’ailleurs plus vif encore avec ses 2,3 à 2,5 secondes.
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N’empêche que symboliquement, c’est fort. Le Cayenne Electric est le troisième modèle 100 % électrique de Porsche et son deuxième SUV sans moteur thermique. La marque continue méthodiquement sa bascule vers l’électrique, et elle le fait avec les arguments qui parlent à sa clientèle : la performance brute, les chiffres qui claquent, le prestige du badge.
Reste la vraie question, celle que les fans posent à voix basse. Un SUV qui pulvérise une hypercar au sprint, est-ce encore l’âme de Porsche ou juste une démonstration de puissance électrique un peu froide ? Le plaisir de conduite ne se résume pas à un chrono sur 100 mètres. La sensation, le son, l’engagement, tout cela change radicalement quand on passe au tout-électrique.
Porsche prouve en tout cas qu’elle maîtrise la recette technique. La performance est là, indiscutable. Le frisson, c’est une autre histoire, et il faudra l’essayer en conditions réelles pour trancher. Mais une chose est sûre : la hiérarchie d’autrefois, où la supercar régnait sans partage, vient de prendre un sacré coup de vieux.
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