Alonso, la rage de vaincre intacte malgré les années

Alonso, la rage de vaincre intacte malgré les années

Il y a des pilotes qui s’assagissent avec l’âge, qui prennent du recul, qui acceptent gentiment de jouer les seconds rôles. Fernando Alonso n’est clairement pas de cette espèce. À plus de quarante ans, le double champion du monde garde une faim de victoire qui ferait pâlir bien des jeunes loups de la grille. Et selon une confession relayée par Auto-Moto, il ne s’en cache pas le moins du monde.

L’Espagnol traîne derrière lui une réputation qui ne ment pas. Sacré en 2005 et 2006 avec Renault, il n’a jamais cessé de courir après un troisième titre qui lui échappe depuis. Cette frustration, loin de l’éteindre, semble au contraire alimenter sa combativité. Chez Aston Martin, où il a posé ses valises, il n’a pas hésité à exprimer son agacement quand la voiture ne suivait pas, persuadé qu’une équipe doit viser le sommet et rien d’autre.

Cette intensité a parfois un côté désarmant. Là où d’autres lisseraient leur discours, Alonso assume sa rage, ce besoin viscéral de gagner qui le pousse encore à se battre dans chaque virage. Ce n’est pas une posture de communication, c’est un moteur intérieur. Il l’a souvent répété : il ne court pas pour faire de la figuration, il court pour monter sur la plus haute marche.

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Le contexte chez Aston Martin a pourtant de quoi tester la patience. Les performances de la voiture ont connu des hauts et des bas, les week-ends sans évolution se sont enchaînés, et l’écurie a parfois manqué des occasions que le pilote estimait à sa portée. Pour un compétiteur de ce calibre, voir filer des points qu’on croit mériter est une souffrance quasi physique. Alonso n’a jamais été du genre à encaisser ça en silence.

Mais c’est précisément ce qui fait sa singularité. Beaucoup, à sa place et à son âge, auraient déjà raccroché ou se seraient contentés d’une fin de carrière tranquille. Lui continue de croire qu’une dernière fenêtre peut s’ouvrir, qu’un baquet compétitif au bon moment pourrait lui offrir la consécration qui manque à un palmarès déjà immense. Cette obstination force le respect, même chez ceux que son caractère agace.

Au fond, cette confession sur sa rage de vaincre résume parfaitement le personnage. Alonso n’est pas un pilote apaisé qui savoure ses souvenirs, c’est un guerrier qui refuse de lâcher l’os. On peut trouver ça épuisant, on peut aussi y voir l’une des plus belles preuves de passion du paddock. Une chose est certaine : tant qu’il sera en piste, il ne fera jamais semblant. Et dans une Formule 1 parfois trop polie, cette flamme un peu sauvage a quelque chose de profondément attachant.

Crédit photo : DR