Marché auto : en octobre, le froid s’est déjà installé

Marché auto : en octobre, le froid s'est déjà installé

Si l’on devait résumer l’état du marché automobile français en une image, ce serait celle d’un hiver précoce. En octobre, les ventes de voitures neuves ont chuté de 11,08 %, dans la lignée du recul de 11,1 % enregistré le mois précédent. Et encore, ces chiffres sont presque flatteurs : corrigée du nombre de jours ouvrés, la baisse dépasse en réalité les 14 %. Pire, comparé à octobre 2019, avant la pandémie, le marché accuse une dégringolade de près de 29 %. On est loin, très loin, des niveaux d’avant-crise.

Le détail des chiffres révèle une fracture intéressante. Ce sont surtout les entreprises qui boudent les concessions, avec des ventes aux flottes en chute de 18 %. Les particuliers, eux, résistent un peu mieux, avec un recul limité à 7 %. Autrement dit, ce sont les achats professionnels qui tirent le marché vers le bas, sans doute par prudence face à un contexte économique incertain et à des règles fiscales mouvantes.

Côté marques, il y a les gagnants et les perdants. Toyota tire son épingle du jeu avec une progression de 19,4 %, tandis que Volkswagen grimpe de près de 11 % en France. À l’inverse, Stellantis dévisse de plus de 20 %, plombé par Citroën, Fiat et Opel. Renault recule aussi, d’un peu plus de 11 %. Peugeot, malgré une baisse de 8,66 %, conserve sa place de leader des ventes grâce à sa 208, indéboulonnable.

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Le point le plus préoccupant concerne l’électrique. On nous promet depuis des années une bascule rapide vers la voiture branchée, mais les chiffres racontent une autre histoire. En octobre, les ventes de véhicules électriques ont chuté de 18 % sur un an, et leur part de marché s’est rétractée, passant de 17 % à 15 %. Et ce n’est pas faute d’offre : les concessionnaires ont des modèles à vendre, mais les acheteurs hésitent. Prix élevés, doutes sur l’autonomie, incertitudes sur les aides publiques, les freins sont nombreux.

Au milieu de cette grisaille, une bonne nouvelle surnage : le marché de l’occasion. Lui se porte plutôt bien, avec une hausse de 3,5 % en octobre et de 4 % depuis le début de l’année. Le signal est clair. Face à des voitures neuves devenues hors de prix pour beaucoup de ménages, les Français se rabattent sur le marché de seconde main, plus accessible et plus rassurant en période d’incertitude.

Au final, ce mois d’octobre confirme une tendance lourde. Le marché automobile français n’arrive pas à retrouver son niveau d’avant la crise sanitaire, et la transition électrique marque le pas plutôt que d’accélérer. Pour les constructeurs, l’équation reste compliquée : comment vendre des voitures de plus en plus chères à des clients de moins en moins enclins à dépenser ?

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