En Australie, un permis spécial obligatoire pour les voitures trop puissantes

En Australie, un permis spécial obligatoire pour les voitures trop puissantes

Posséder une supercar ne suffira plus pour la conduire. En Australie, un nouvel échelon de permis de conduire vient compliquer la vie des amateurs de voitures très puissantes.

C’est l’État d’Australie-Méridionale qui ouvre le bal. À compter du 1er décembre 2024, il faut décrocher un permis baptisé UHPV, pour Ultra High Powered Vehicle. Traduction, véhicule à très haute puissance.

Le critère retenu est technique mais parlant. Toute voiture dépassant 370 chevaux par tonne est concernée, quel que soit son âge. On parle donc des supercars italiennes ou allemandes, mais aussi de certaines sportives électriques modernes, dont les performances font exploser les compteurs.

Pour obtenir ce sésame, rien d’insurmontable. Une formation en ligne de 45 minutes, facturée une quarantaine d’euros, aborde l’utilisation des aides à la conduite et sensibilise aux dangers de la vitesse. Un examen pratique vient ensuite valider le tout.

Mais gare aux têtes brûlées. Conduire un de ces bolides sans le précieux permis coûte d’emblée 1 500 euros d’amende. Et en cas de récidive, la sanction peut grimper jusqu’à un an de prison. De quoi calmer les ardeurs.

La réglementation ne s’arrête pas là. Désactiver les aides électroniques à la conduite sur ces véhicules devient strictement interdit. L’amende dépasse alors les 3 000 euros, assortie d’un retrait de six points sur le permis.

Pourquoi tant de sévérité ? L’idée n’est pas née d’un caprice. Elle remonte à 2022, quand le gouvernement local a proposé d’ajouter cette catégorie spéciale au permis. En toile de fond, un drame survenu à Adélaïde en 2019.

Cette année-là, le conducteur d’une Lamborghini avait perdu le contrôle de son véhicule, tuant une femme qui sortait d’un restaurant. Un accident qui a marqué les esprits et nourri la réflexion des autorités.

L’argument des défenseurs de la loi est simple. Une voiture capable d’abattre le 0 à 100 km/h en moins de trois secondes ne se conduit pas comme une berline familiale. Encore faut-il en avoir conscience, et savoir gérer cette puissance.

Vu de France, l’initiative interpelle. Chez nous, n’importe quel titulaire du permis B peut en théorie prendre le volant d’une Ferrari ou d’une Tesla surpuissante, sans la moindre formation complémentaire. La seule limite, c’est le portefeuille et l’assurance.

Reste à savoir si cette idée australienne fera des émules. À l’heure où les voitures électriques offrent des puissances autrefois réservées à l’élite des supercars, la question de la formation des conducteurs pourrait bien se poser ailleurs. Y compris sur nos routes.

Crédit photo : DR

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