Stellantis embauche 650 ingénieurs en France quand Renault en supprime 800

Deux constructeurs, deux stratégies opposées, et le même pays au milieu. Stellantis, le groupe qui rassemble Peugeot, Citroën, DS, Opel et Fiat, vient de confirmer avoir recruté entre 600 et 650 personnes dans son ingénierie française entre fin 2024 et la fin de cette année. Une fois les départs naturels déduits, ça fait un solde net de plus de 350 postes gagnés. L’effectif de l’ingénierie passe ainsi de moins de 5 000 à 5 300 personnes d’ici décembre.
Les profils recherchés en disent long sur la direction que prend le secteur. Alain Guibouret, qui dirige l’ingénierie Europe de l’Ouest du groupe, parle de compétences dans les batteries, la mécatronique et les aides à la conduite. Autrement dit tout ce qui fait l’électrique et la voiture qui commence à conduire un peu toute seule. Le groupe forme d’ailleurs beaucoup en interne : 400 000 heures sur l’année écoulée, dont 240 000 rien que sur la partie technique.
Et l’ingénierie n’est qu’une partie du tableau. Sur l’ensemble de 2026, Stellantis annonce 1 400 recrutements en CDI en France, répartis à peu près à parts égales entre postes d’atelier et postes de bureau, avec 350 embauches de cadres ciblées sur des compétences dites stratégiques. Pour donner une idée, le groupe avait recruté 1 200 personnes en 2025 et 600 en 2024. La courbe monte donc, dans un secteur qu’on n’a pas vraiment l’habitude de voir dans ce sens-là.
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Sauf que voilà, pendant ce temps, Renault fait exactement l’inverse. Le losange a annoncé fin juin la suppression de 800 postes dans son ingénierie française, sur un effectif d’environ 5 500 personnes. Presque le même nombre de salariés que Stellantis dans ce métier, mais un choix radicalement différent.
On a clairement là deux paris opposés sur la même période. Stellantis muscle sa R&D en France au moment où beaucoup redoutaient des coupes, quand Renault serre la vis sur un pôle qu’on présentait pourtant comme son point fort. Les deux groupes disent regarder loin, vers l’électrique et le logiciel, mais l’un embauche pour y aller et l’autre taille dans ses rangs.
Pour les ingénieurs français, le message est au moins clair : les compétences batteries et conduite assistée valent de l’or, et tout le monde ne les cherche pas au même endroit.
Crédit photo : Illustration générée par IA
