BlaBlaCar abandonne le trajet domicile-travail et laisse Karos seul maître du covoiturage quotidien en France

BlaBlaCar et Karos sont entrés en négociations exclusives pour la cession de BlaBlaCar Daily, l’application dédiée aux trajets domicile-travail. Le montant de l’opération n’a pas été communiqué.
Pour saisir ce que ça change, il faut remonter un peu. BlaBlaCar Daily s’appelait BlaBlaLines à son lancement en 2017, et en 2023 le groupe avait racheté Klaxit, son principal concurrent sur ce créneau des trajets courts et répétitifs, histoire de rafler toute la mise. Trois ans plus tard il revend le tout. C’est un demi-aveu d’échec.
Karos, lui, avance ses pions. La société avait levé 17 millions d’euros il y a moins de trois ans et ses actionnaires historiques remettent au pot pour financer la reprise. Une fois les deux plateformes réunies, on parle de 150 000 covoitureurs actifs chaque mois, plus de 11 millions de trajets par an, environ 250 collectivités partenaires et 1 500 entreprises. Olivier Binet, cofondateur et président de Karos, parle de massification. Dit autrement, il ne restera plus qu’un seul gros opérateur français sur ce type de trajet. Une dizaine de postes devraient disparaître au passage, et les instances représentatives du personnel doivent encore être consultées avant que l’affaire soit bouclée.
Et pour vous qui faites trente bornes matin et soir, ça donne quoi ? Le vrai sujet, c’est qui paie. L’État a coupé sa prime au covoiturage de 100 euros, 25 euros au premier trajet puis 75 euros après le dixième, fin janvier 2025. Depuis, plus rien de ce côté-là.
Si vous embarquez des covoitureurs tous les matins, autant que le telephone qui gere l’appli tienne droit sur la grille d’aeration.
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Ce qui subsiste, c’est le forfait mobilités durables, versé par l’employeur et pas par l’État : jusqu’à 600 euros par an exonérés d’impôt et de cotisations dans le privé, 900 euros en le cumulant avec un abonnement de transport, mais seulement 300 euros dans la fonction publique. À côté de ça, les agglomérations subventionnent directement le trajet sur ces applications, ce qui explique que le passager paie une somme presque symbolique quand le conducteur, lui, touche quelques euros. La différence sort de la poche de la collectivité.
Sauf que voilà : le jour où un seul opérateur gère la quasi-totalité du marché, ce sont ses conditions qui pèsent le plus lourd quand une agglomération renégocie son contrat. Rien de dramatique aujourd’hui, mais ça pose quand même question.
BlaBlaCar, de son côté, se recentre sur la longue distance et son expansion à l’international, avec l’arrêt annoncé de son activité de bus en janvier 2027.
Crédit photo : Karos
