La BMW M3 Touring, le break que les puristes attendaient depuis trente ans

Pendant des années, BMW a fait la sourde oreille. Une M3 en version break ? Impossible, répétait Munich, qui réservait ce traitement à la M5 Touring puis à plus rien du tout. Et puis les premières images ont fini par fuiter sur la Toile, sans le moindre camouflage, révélant ce que beaucoup espéraient sans trop y croire : la M3 existe désormais aussi avec un grand hayon et un vrai coffre familial.
Cette M3 Touring porte le nom de code G81, et elle reprend tout ce qui fait la force de la berline G80. Sous le capot, on retrouve le six cylindres en ligne 3.0 biturbo, crédité de 510 chevaux dans cette configuration Competition. La puissance passe par une boîte automatique et, surtout, par la transmission intégrale M xDrive qui peut basculer en mode propulsion pure pour les amateurs de glisse contrôlée. Sur le papier, le break ne perd quasiment rien face à la berline, si ce n’est quelques kilos sur la balance, l’engin affichant tout de même près de 1 865 kg à vide.
Visuellement, c’est la même recette qui s’applique. La calandre verticale surdimensionnée, qui a tant fait parler d’elle, est bien présente, tout comme les ailes élargies, les jantes spécifiques et les quatre sorties d’échappement. À l’arrière, le hayon vient coiffer une silhouette de break compact qui mesure environ 4,80 mètres de long. C’est cette partie arrière qui change tout : volume de chargement généreux, banquette rabattable, et la possibilité d’emmener la famille et les bagages tout en gardant un châssis taillé pour le circuit.
Car c’est bien là l’intérêt de la chose. Une M3 capable de tourner sur le Nürburgring le matin et de ramener les courses le soir, voilà le genre de grand écart qui plaît particulièrement en Europe, où le break sportif reste une institution. L’Allemagne en raffole, et la France compte aussi sa part d’amateurs prêts à payer le prix fort pour cette polyvalence. Les freins en céramique sont d’ailleurs proposés en option, histoire d’encaisser les séances de piste sans broncher.
Reste la question du tarif. Une M3 Touring ne se brade pas, et il faut compter un budget conséquent, supérieur à celui de la berline, pour s’offrir le ticket d’entrée. À ce niveau de prix, la concurrence existe, à commencer par l’Audi RS4 Avant, longtemps seule sur ce créneau du break ultra-sportif. BMW arrive donc après la bataille, mais avec un argument de poids : la M3 Touring revendique des performances supérieures à celles de sa rivale aux anneaux.
Pour les passionnés, cette fuite avait quelque chose de réjouissant. Après des décennies de refus, Munich finissait par céder et donnait enfin corps à un fantasme de longue date. Le break familial qui cache un fauve sous sa carrosserie sage, c’est exactement le genre d’auto qui fait vibrer ceux pour qui une voiture ne se résume pas à un simple outil de déplacement.
Crédit photo : DR
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