Filmer avec une dashcam, oui, mais diffuser les images, c’est une autre affaire

L’affaire a relancé le débat. Une vidéo montrant une voiture de police fonçant sur un motard a tourné en boucle, et tout le monde s’est posé la même question : a-t-on le droit de filmer la route, et surtout de balancer ces images en ligne ? La dashcam, cette petite caméra posée derrière le pare-brise, n’est encadrée par aucune loi spécifique en France. Ce qui ne veut pas dire que tout est permis.
Installer une dashcam dans sa voiture pour son usage personnel est parfaitement légal. Le problème commence quand on appuie sur partager. À partir du moment où votre vidéo permet d’identifier une personne ou une plaque d’immatriculation, vous entrez dans le champ du droit à l’image et de la protection des données personnelles. Et là, la sanction peut piquer.
Le code pénal est clair sur ce point. Son article 226-1 punit l’atteinte à la vie privée d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Publier sur Facebook, Instagram, TikTok ou YouTube une séquence où l’on reconnaît quelqu’un, ou sa voiture, sans son accord, c’est s’exposer à ces peines. Peu importe que la scène vous semble spectaculaire ou révoltante : diffuser n’est pas un droit automatique.
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La parade existe, et elle est simple. Avant de mettre une vidéo en ligne, il faut flouter tout ce qui permet d’identifier les gens : les visages, les plaques. Même dans un groupe privé, la prudence reste de mise, parce qu’une vidéo partagée échappe vite à son auteur. Beaucoup l’oublient, persuadés qu’un partage entre proches ne compte pas. C’est une erreur.
Il y a quand même des cas où vous pouvez transmettre vos images sans aucun risque. Les remettre à la police, à la gendarmerie, à votre assureur ou à votre avocat dans le cadre d’une procédure ne pose aucun problème. Au contraire, c’est précisément l’un des intérêts d’une dashcam : disposer d’une preuve en cas d’accident ou de litige. Devant un tribunal, ces enregistrements peuvent d’ailleurs être acceptés, surtout au pénal, où la jurisprudence se montre plutôt ouverte. Au civil, ça dépend du contexte.
Au fond, tout ça tient en une phrase. Filmer pour se protéger, oui ; transformer sa dashcam en chaîne de justice personnelle sur les réseaux, non. La frontière est mince entre l’automobiliste qui sécurise ses trajets et celui qui se retrouve poursuivi pour avoir voulu dénoncer le comportement d’un autre. Avant de cliquer sur publier, mieux vaut donc réfléchir deux secondes. Une vidéo qui fait le buzz peut très vite se retourner contre celui qui l’a postée.
Crédit photo : DR
