BYD Racco : le géant chinois s’attaque aux mini-voitures japonaises

BYD Racco : le géant chinois s'attaque aux mini-voitures japonaises

BYD ne fait pas les choses à moitié. Au salon de Tokyo, le constructeur chinois a dévoilé la Racco, sa toute première kei-car électrique. Et le symbole est fort : c’est aussi le premier modèle de la marque conçu exclusivement pour un marché étranger, en l’occurrence le Japon. Autrement dit, BYD vient chasser sur les terres les mieux gardées de l’automobile nippone.

Pour comprendre l’audace du geste, il faut savoir ce qu’est une kei-car. Ce sont ces minuscules voitures au gabarit ultra-réglementé, taillées pour la ville, qui bénéficient d’avantages fiscaux au Japon. Elles représentent plus d’un tiers des ventes de voitures neuves dans le pays. Un marché énorme, longtemps resté la chasse gardée de Honda, Suzuki, Daihatsu et compagnie. Y débarquer en tant que constructeur chinois, c’est tout sauf anodin.

La Racco coche les bonnes cases. Sous sa carrosserie cubique de quatre portes, on retrouve la fameuse batterie Blade de BYD, à la chimie lithium-fer-phosphate, réputée pour sa robustesse et sa sécurité. L’autonomie annoncée tourne autour de 180 kilomètres en cycle WLTC pour la version la mieux dotée. Ce n’est pas énorme, mais pour une citadine qui ne quittera jamais vraiment la ville, c’est largement suffisant. Surtout que la recharge rapide grimpe jusqu’à 100 kW, un chiffre élevé pour ce segment.

Miniature BYD Dolphin 1/18

Pour avoir un BYD chez soi sans attendre, une miniature à collectionner :

Miniature BYD Dolphin 1/18 → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Côté design, BYD a soigné l’espace intérieur. Capot court, long empattement, porte-à-faux réduits : tout est pensé pour libérer un maximum de place à bord malgré les dimensions riquiqui. On retrouve des portes arrière coulissantes, de grandes vitres et un toit qui semble flotter au-dessus de la caisse. De quoi donner une impression d’habitabilité bien supérieure à ce que laisse deviner la silhouette.

Le lancement est prévu pour l’été 2026, avec un tarif estimé autour de 2,5 millions de yens avant les aides gouvernementales, soit grosso modo le prix de ses rivales directes. Car la Racco arrive face à du lourd : la Nissan Sakura, qui domine le segment de la kei-car électrique, et la Honda N-ONE. Deux modèles 100 % japonais, sur un terrain où l’attachement aux marques locales est très fort.

Reste à voir si les automobilistes japonais joueront le jeu. Le pays a longtemps boudé les voitures électriques et reste très fidèle à ses constructeurs nationaux. BYD le sait, et a fait le pari de jouer leur propre carte plutôt que d’imposer un modèle pensé ailleurs. C’est probablement la stratégie la plus maligne pour percer. En France, la Racco ne sera pas commercialisée, son gabarit étant taillé sur mesure pour la réglementation japonaise. Mais elle montre une chose : BYD a désormais les moyens d’aller défier n’importe qui, partout, jusque dans son propre jardin.

Crédit photo : DR