Stellantis rebat les cartes de ses directions Citroën, Opel et Pro One en France

Stellantis rebat les cartes de ses directions Citroën, Opel et Pro One en France

Quand un groupe traverse une mauvaise passe, il commence souvent par bouger ses dirigeants. Stellantis ne déroge pas à la règle et vient de revoir l’organigramme de plusieurs de ses marques en France, à un moment où ses comptes ont sérieusement piqué du nez.

Premier mouvement, et pas des moindres, chez Citroën. Sébastien Caron quitte son poste de directeur général de Citroën France. Il est remplacé par Édouard George, jusqu’ici en charge de la demande et de la performance commerciale au sein de la supply chain de Stellantis Europe. La marque aux chevrons en a bien besoin, elle qui doit gérer des dossiers sensibles comme le rappel des airbags Takata sur certains modèles.

Caron ne part pas pour autant. Il prend la tête de Stellantis Pro One France, la division dédiée aux véhicules utilitaires légers. Il succède à Rubina Rovere, qui s’en va occuper un poste à l’international. Le segment des utilitaires est un terrain où Stellantis pèse lourd, et le groupe veut clairement y garder la main.

Du côté d’Opel, c’est Charles Peugeot qui débarque comme nouveau directeur général. Il remplace Vincent Rolinet, en poste depuis février 2024 seulement, qui rejoint l’échelon européen aux côtés de Jean-Philippe Imparato. Et là, le rythme donne le tournis : quatre directeurs généraux en cinq ans pour Opel France. Difficile de construire une stratégie de marque solide quand on change de capitaine aussi souvent.

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Tous ces mouvements arrivent dans un contexte tendu. Après une année 2023 record, Stellantis a vu son bénéfice net s’effondrer de 70 % en 2024. Une chute brutale, qui explique l’envie de remettre de l’ordre dans les équipes et de relancer la machine commerciale.

Reste à savoir si jouer aux chaises musicales en haut de l’organigramme suffira à redresser la barre. Changer un directeur ne change pas un catalogue, ni le prix d’un modèle, ni l’appétit des clients pour l’électrique. Le groupe espère un rebond sur le second semestre 2025, mais ce sont les voitures, pas les nominations, qui feront la différence dans les concessions.

Ce qui frappe, c’est la fréquence de ces remaniements chez Stellantis. Le groupe né de la fusion entre PSA et FCA semble en permanence en train d’ajuster ses équipes, marque par marque, pays par pays. À petite dose, c’est de la gestion normale. À ce rythme, ça ressemble plutôt à une recherche d’équilibre qui peine à se stabiliser. Les prochains mois diront si ces nouveaux visages parviennent à inverser la tendance, ou si Stellantis devra encore rebattre les cartes.

Crédit photo : DR