Nissan supprime 9 000 postes : le constructeur japonais en pleine tempête

Mauvaise passe pour Nissan. Le constructeur japonais a annoncé la suppression de 9 000 postes à travers le monde, soit environ 7 % de ses effectifs, accompagnée d’une réduction de 20 % de ses capacités de production. Une cure d’amaigrissement brutale qui en dit long sur les difficultés que traverse l’ex-partenaire de Renault.
Les raisons de cette saignée sont multiples, et elles s’accumulent depuis plusieurs mois. D’abord, la montée en puissance des constructeurs chinois, qui inondent le marché de voitures électriques à des prix imbattables et raflent des parts de marché un peu partout, en Asie comme en Europe. Ensuite, des tensions commerciales et des droits de douane qui perturbent les échanges, sans parler de coûts énergétiques qui restent élevés. Pour une marque qui peine déjà à renouveler sa gamme, le cocktail est explosif.
Le plus inquiétant, c’est que ces 9 000 suppressions ne semblaient être qu’un début. Les difficultés financières du groupe se sont révélées bien plus profondes que prévu. Sur l’exercice clos en mars 2025, Nissan a accusé une perte nette colossale, de l’ordre de 671 milliards de yens, soit environ 4,1 milliards d’euros. Un trou abyssal qui a contraint la direction à durcir encore son plan de restructuration dans la foulée.
Car la suite a été nettement plus douloureuse. Là où l’on parlait au départ de 9 000 postes, le plan a finalement été revu à la hausse pour atteindre 20 000 suppressions d’emplois d’ici 2027, soit près de 15 % des effectifs mondiaux. Le constructeur prévoit aussi de fermer sept usines, ramenant son réseau de 17 à 10 sites de production. Une réorganisation industrielle d’une ampleur rarement vue chez un constructeur de ce calibre.
Pour les amateurs de la marque, une Nissan culte en réduction :
Nissan GT-R 35GT-RR – MINI GT miniature 1/64 → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
L’Europe n’est pas épargnée. Nissan y a notamment annoncé la suppression d’environ 900 postes administratifs, soit à peu près 10 % de ses effectifs sur le continent. L’usine britannique de Sunderland, longtemps fierté industrielle de la marque, s’est retrouvée sous tension, son avenir suspendu aux arbitrages du groupe.
Comment Nissan en est-il arrivé là ? La marque a longtemps surfé sur le succès du Qashqai et de quelques modèles électriques pionniers comme la Leaf, mais elle a ensuite manqué de nouveautés marquantes au moment où le marché basculait vers l’électrique. Pendant que la concurrence accélérait, Nissan temporisait. Le réveil est brutal.
Reste à savoir si ce plan de survie sera suffisant pour redresser la barre. Fermer des usines et supprimer des postes permet de réduire les coûts à court terme, mais ça ne crée pas de voitures désirables. Or c’est bien là le nerf de la guerre. Pour rebondir, Nissan devra surtout convaincre à nouveau avec des modèles capables de séduire un marché en pleine mutation. Le chantier s’annonce long.
Crédit photo : DR
