A10 : Vinci teste des navettes autonomes sans conducteur entre Paris et la grande banlieue sud

A10 : Vinci teste des navettes autonomes sans conducteur entre Paris et la grande banlieue sud

Les navettes autonomes sur autoroute, on en entend parler depuis des années. Cette fois, c’est concret. Le projet MOB-AUTO, porté par un consortium incluant Vinci Autoroutes, entre dans une nouvelle phase sur l’A10 : le recrutement de volontaires pour tester le service en conditions réelles. Après six mois de roulages techniques sans passagers et une phase de tests avec des collaborateurs internes, le cap est passé.

L’itinéraire retenu court sur 28 kilomètres, entre le pôle multimodal de Longvilliers et la gare RER de Massy, avec un arrêt intermédiaire à la gare autoroutière de Briis-sous-Forges. Pas de covoiturage hasardeux sur une aire de repos : un vrai service de transport avec des points d’arrêt définis, intégrés dans un réseau existant.

Ce qui distingue MOB-AUTO des expérimentations qu’on a vues jusqu’ici, c’est la vitesse. Les navettes peuvent rouler jusqu’à 90 km/h en conditions réelles de circulation autoroutière. Ce n’est plus une démonstration sur parking ou une navette électrique qui se traine à 25 km/h dans une zone piétonne sécurisée. On parle d’un véhicule qui se mêle au trafic normal, dans les mêmes voies que les camions et les voitures.

La technologie utilisée est un système de conduite automatisée dit No-Op, pour No Operator. Pas de conducteur à bord, pas de télépilote qui prend la main à distance depuis un fauteuil confortable. Le véhicule gère seul sa trajectoire, ses accélérations, ses freinages. Le réseau autoroutier, avec ses voies bien délimitées, son trafic relativement prévisible et l’absence totale de piétons, est parfaitement adapté à ce type d’expérimentation.

L’objectif affiché du projet est de compléter l’offre de cars existante et de réduire l’autosolisme, ce phénomène où chaque conducteur se retrouve seul dans sa voiture sur des axes saturés. Proposer des navettes autonomes entre la grande banlieue et les noeuds de transport parisiens, c’est une façon de faire basculer des trajets pendulaires vers des solutions collectives, sans imposer la contrainte des horaires fixes.

La date de lancement commercial n’est pas encore arrêtée. L’arrivée était initialement prévue pour 2026, et les phases de test se succèdent. Ce n’est pas un retard problématique en soi : sur un projet de ce type, mieux vaut prendre le temps nécessaire que de précipiter un service qui embarque des passagers sans filet. Les volontaires recrutés pour cette prochaine phase vont fournir des données précieuses, surtout sur la façon dont les gens réagissent à bord d’un véhicule sans conducteur visible.

En attendant, l’A10 reste l’un des axes les plus chargés de France. Si le projet tient ses promesses, les navettes autonomes pourraient devenir une vraie option pour les milliers de pendulaires qui empruntent cet axe chaque jour. Et si ça marche ici, d’autres autoroutes suivront.

Crédit photo : DR

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