Ford rebranche la Formule 1 et choisit Red Bull comme tremplin

Le constructeur américain n’avait plus mis les roues en Formule 1 depuis 2004. Ford y revient, et pas par la petite porte.
L’idée a longtemps circulé sous forme de rumeur avant de se transformer en projet concret. Ford et Red Bull ont fini par sceller un partenariat technique destiné à équiper en moteurs les écuries Red Bull Racing et sa structure soeur, à l’époque AlphaTauri.
Le contexte mérite d’être rappelé. Red Bull a décidé de fabriquer ses propres moteurs après le départ programmé de Honda, son fournisseur historique. Une ambition rare dans ce sport, où concevoir un bloc de A à Z relève de l’exploit industriel.
C’est précisément là que Ford entre en scène. Plutôt que de débarquer seul, le géant de Détroit apporte son savoir-faire à Red Bull Powertrains, l’entité chargée de développer la motorisation maison. On parle d’un travail commun sur l’unité de puissance hybride, ce groupe propulseur qui combine un moteur thermique classique et une partie électrique récupérant l’énergie au freinage.
La cible, c’est la réglementation 2026. La Formule 1 change alors profondément ses règles moteur, avec une part électrique nettement plus importante et des carburants dits durables. Une remise à zéro qui ouvre une fenêtre rare pour un nouvel arrivant : tout le monde repart quasiment de la même ligne.
Ford a tenu à couper court aux soupçons. Plusieurs responsables de la marque ont insisté sur le fait que l’opération ne se résume pas à un coup marketing, mais bien à un engagement d’ingénierie sur le long terme. Le partenariat est annoncé jusqu’en 2030 au minimum, ce qui laisse le temps de juger sur pièces.
Pour la marque, l’intérêt est double. Il y a le prestige, évidemment, celui de figurer à nouveau sur la grille du championnat le plus médiatisé de la planète. Et il y a le transfert de technologie, l’électrification et la gestion de l’énergie développées en course pouvant ensuite irriguer les modèles de série.
Vu de France, l’affaire intrigue surtout parce qu’elle rebat les cartes. Ford rejoint un plateau où Mercedes, Ferrari, mais aussi Audi préparent leurs propres armes pour 2026. La concurrence entre constructeurs n’avait pas été aussi dense depuis longtemps.
Reste la grande inconnue, celle de la performance réelle. Sur le papier, un moteur compétitif ne se décrète pas, il se prouve chronomètre en main. Les premiers verdicts ne tomberont vraiment qu’une fois les voitures lancées en piste.
Pour Ford, le pari est clair : profiter d’une révolution réglementaire pour revenir dans la cour des grands sans repartir totalement de zéro, en s’appuyant sur une écurie qui sait gagner. Si le projet tient ses promesses, le nom Ford brillera de nouveau sur les capots les plus rapides du monde.
Crédit photo : DR
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