Deux ans à la tête de Jaguar Land Rover, et puis s’en va : Thierry Bolloré quitte le navire

Deux ans à la tête de Jaguar Land Rover, et puis s'en va : Thierry Bolloré quitte le navire

Le patron français de Jaguar Land Rover a annoncé son départ. Thierry Bolloré quitte la direction du constructeur britannique pour des raisons personnelles, avec un dernier jour fixé au 31 décembre.

Il était arrivé en septembre 2020, en pleine tempête sanitaire, pour succéder à Ralf Speth qui dirigeait la marque depuis dix ans. Le mandat aura donc duré un peu plus de deux ans.

Le nom de Thierry Bolloré ne vous est peut-être pas inconnu. Avant Jaguar Land Rover, il était directeur général de Renault, poste qu’il a perdu fin 2019 dans la foulée du séisme provoqué par l’affaire Carlos Ghosn. Son passage chez le losange s’était terminé brutalement.

Chez le constructeur appartenant au géant indien Tata, il avait lancé un plan baptisé Reimagine. L’idée : transformer Jaguar en marque 100 % électrique et premium, en réduisant la voilure pour viser plus haut de gamme. Un virage radical pour une enseigne en perte de vitesse.

Officiellement, donc, ce sont des motifs personnels qui expliquent ce départ. Mais plusieurs médias britanniques évoquent des tensions avec la maison mère Tata autour de la mise en œuvre de ce fameux plan Reimagine. Difficile de démêler le vrai du non-dit dans ce genre d’annonces.

Le contexte n’aidait pas. Comme tout le secteur automobile, Jaguar Land Rover encaissait à l’époque la pénurie mondiale de semi-conducteurs, ces puces électroniques indispensables aux voitures modernes. Résultat : des chaînes de production à l’arrêt, des délais de livraison à rallonge et des résultats financiers dans le rouge.

Pour assurer la transition, c’est Adrian Mardell qui prend les commandes à titre intérimaire. Un visage connu de la maison puisqu’il y travaillait depuis trente-deux ans, dont trois passés au conseil exécutif. Le choix de la continuité interne, en somme, là où Bolloré incarnait une rupture venue de l’extérieur.

Pour la France, l’histoire a quelque chose d’un peu amer. Voir un dirigeant français propulsé à la tête d’un fleuron automobile britannique, c’était plutôt une jolie ligne sur le CV de l’industrie hexagonale. Sa sortie referme rapidement cette parenthèse.

Reste la question de fond pour Jaguar Land Rover : poursuivre ou non la stratégie premium tout-électrique engagée. Le successeur héritera d’un chantier déjà bien avancé, mais aussi des doutes qui l’accompagnent. La bascule de Jaguar vers le luxe électrique reste un pari risqué, dont les premiers modèles n’étaient pas attendus avant plusieurs années.

Pour Thierry Bolloré, c’est en tout cas un deuxième départ retentissant en l’espace de trois ans. Après Renault, après Jaguar Land Rover, on attend désormais de voir où le dirigeant rebondira.

Crédit photo : DR

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