1990 : quand Tina Turner vendait un coupé Plymouth en jouant les imprévisibles

En 1990, Plymouth cherchait une tête d’affiche pour lancer son coupé Laser sur le marché américain. La marque a misé gros en recrutant Tina Turner, alors au sommet de sa popularité mondiale.
L’idée de la campagne tenait en une phrase. On croit parfois connaître quelqu’un au point de le trouver prévisible, et puis non, pas cette fois. La chanteuse incarnait cette part d’imprévu que Plymouth voulait associer à sa voiture.
Le rapprochement n’avait rien d’innocent. Tina Turner traînait une réputation de bête de scène capable de tout retourner en quelques secondes, et c’est exactement cette énergie que le constructeur voulait coller sur la carrosserie du Laser.
Sauf que sous le capot, l’américaine cachait bien son jeu. Le Laser était en réalité le fruit d’une collaboration entre Chrysler et le japonais Mitsubishi.
Concrètement, le coupé partageait l’essentiel de sa mécanique avec la Mitsubishi Eclipse et l’Eagle Talon, deux modèles nés sur la même base. Trois voitures, une seule recette, vendues sous des étiquettes différentes selon les réseaux.
Côté moteur, on retrouvait des quatre cylindres d’origine japonaise. La version la plus musclée, la RS Turbo, grimpait jusqu’à 195 chevaux, un chiffre honorable pour un coupé abordable de cette époque.
La même année, Tina Turner ne s’est pas arrêtée au Laser. Elle prêtait aussi son image à la Plymouth Acclaim, une berline familiale beaucoup plus sage, cousine de la Chrysler LeBaron.
En France, cet épisode est resté largement invisible. Plymouth n’a jamais vraiment existé chez nous, et ces coupés sino-japonais badgés américains se sont écoulés presque exclusivement de l’autre côté de l’Atlantique.
La suite a donné raison aux sceptiques. Le Laser a tiré sa révérence en 1994, après seulement quelques années de carrière.
La marque Plymouth, elle, n’a pas fait beaucoup mieux. Elle a disparu en 2001, emportée par les restructurations de Chrysler, à peine quelques années après l’Eagle, rayée de la carte en 1998.
Tina Turner, de son côté, a continué de remplir des stades pendant encore plus d’une décennie. La comparaison entre la longévité de la chanteuse et celle de la voiture qu’elle vantait a quelque chose de cruel.
Ces publicités des années 90 racontent une époque où les constructeurs s’offraient des stars planétaires pour vendre des modèles de grande série. Une stratégie qui paraît presque anachronique aujourd’hui, à l’heure des influenceurs et des vidéos calibrées pour les réseaux.
Reste une curiosité pour les amateurs de culture automobile. Voir une légende de la soul faire la promotion d’un coupé Chrysler-Mitsubishi en disant qu’on ne la connaît jamais vraiment, ça résume assez bien le marketing flamboyant de cette décennie.
Crédit photo : DR
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