En octobre, une voiture neuve sur dix seulement roulait encore à l'essence. L'électrique, lui, a raflé 41 % du marché français, contre 24 % un an plus tôt. Un basculement qu'on n'avait jamais vu aussi net.

Les chiffres d'AAA Data viennent de tomber et ils sont sans appel. 149 340 voitures particulières neuves immatriculées sur le mois, soit 7 % de plus qu'en octobre 2025, et ce malgré un jour ouvré de moins. Le marché repart, donc, mais ce qui frappe c'est surtout qui le tire vers le haut.

Les voitures 100 % électriques ont totalisé 61 958 immatriculations, une poussée d'environ 85 % sur un an. Depuis janvier, elles pèsent déjà 32 % des ventes. Dans le détail des modèles, c'est un carré français qui domine : la Renault Twingo en tête avec 4 747 unités, la R5 juste derrière à 4 666, puis la Peugeot e-208, le Scénic et la Citroën ë-C3. De quoi rappeler que la bascule vers l'électrique profite d'abord aux usines d'ici, et pas qu'aux constructeurs chinois dont on parle tant.

Derrière ce bond, il y a un dispositif précis. Le leasing social a été relancé le 16 juillet, avec 50 000 voitures proposées à 200 euros par mois maximum, et des certificats d'économie d'énergie qui grimpent jusqu'à 5 700 euros pour les ménages modestes. Mobilians estime que ce seul coup de pouce a généré entre 8 000 et 10 500 immatriculations sur le mois. Ça pèse lourd.

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Le vrai moteur, pourtant, ce sont les particuliers. Ils ont immatriculé 84 757 voitures en octobre, en hausse de 18 %, et près de la moitié de leurs achats étaient électriques. Les flottes d'entreprise, elles, reculent de 12 %. Autre signe des temps : six particuliers sur dix passent désormais par la location longue durée plutôt que par un achat comptant ou un crédit classique. La voiture ne s'achète plus, elle s'abonne.

Pendant ce temps, les énergies historiques s'effondrent. L'essence chute de 44 %, le diesel de 65 % et ne représente plus que 1 % des ventes neuves. Même les hybrides, pourtant stars de ces dernières années, reculent de 4 % sur le mois.

On tient là un mois charnière. Reste à savoir si cette barre des 40 % tient quand le leasing social aura épuisé son quota et quand le malus 2027 viendra rebattre les cartes. Parce qu'en matière de prime, vous le savez, ce qui monte vite finit souvent par redescendre aussi sec.

Crédit photo : Renault