Dieselgate : les propriétaires français de Volkswagen peuvent enfin demander à être indemnisés

Onze ans après le scandale, l’affaire arrive vraiment en France. Volkswagen a été renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris pour tromperie aggravée, par ordonnance du juge d’instruction datée du 30 janvier 2026. L’audience qui doit fixer la date du procès est prévue le 18 décembre 2026, et le procès lui-même est attendu courant 2027.
Ce qui change pour les automobilistes, c’est qu’on peut désormais se joindre à la procédure. Deux avocats parisiens, Christophe Lèguevaques et Duncan Fairgrieve, coordonnent une action collective qui permet aux conducteurs lésés de se constituer partie civile devant le tribunal correctionnel. Les pré-inscriptions ont ouvert le 14 septembre 2026, sur la plateforme MyLeo. Vous avez jusqu’au 15 décembre pour vous manifester.
Un petit rappel s’impose, pour ceux qui auraient oublié l’ampleur du truc. Le scandale a éclaté le 18 septembre 2015, quand l’agence environnementale américaine a accusé le constructeur d’avoir installé un logiciel capable de tricher aux tests antipollution. Le moteur en cause, le fameux diesel EA189, se retrouvait dans quantité de modèles du groupe. En France, ça représente 946 087 véhicules équipés, vendus entre septembre 2009 et février 2016. Sur toute la planète, on parle d’environ 11 millions d’autos.
Et ça ne concerne pas que les Volkswagen. Le moteur trafiqué équipait aussi les Audi A3, A4 ou Q5, les Skoda Octavia et Superb, les Seat Ibiza et Leon. Autant dire que beaucoup de foyers français ont roulé avec une de ces voitures sans le savoir.
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Pour se joindre à l’action, il faut avoir acheté le véhicule en France avant le 30 janvier 2026, y avoir résidé au moment de l’achat, et fournir une pièce d’identité, une preuve d’achat et les documents de rappel. Les avocats avancent plusieurs préjudices chiffrables : une perte de confiance estimée autour de 3 000 euros, une décote de 10 à 15 % du prix payé, et un préjudice lié à l’exposition à la pollution évalué entre 2 000 et 5 000 euros.
Côté frais, rien n’est encore figé. L’addition pourrait passer par l’aide juridictionnelle, votre protection juridique d’assurance, ou un financement par un tiers rémunéré au succès.
C’est un dossier parallèle à celui de la CLCV, qui mène de son côté une action de groupe à Soissons pouvant toucher près de 950 000 conducteurs. La cour d’appel de Pau avait déjà condamné le constructeur en mai dernier. Bref, ça bouge enfin, et il serait dommage de rater la fenêtre.
Crédit photo : Volkswagen (Wikimedia Commons, domaine public)
