Renault met 600 millions sur l’Espagne pour y produire ses premières électriques, la France garde la main

Vue aerienne de l'usine Renault de Douai, coeur du pole ElectriCity en France

Renault a annoncé le 24 septembre un plan de 600 millions d’euros pour ses usines espagnoles de Valladolid et Palencia, en Castille-et-León. Cinq nouveaux modèles y seront fabriqués d’ici 2030, dont deux voitures électriques du segment C, celui des compactes familiales. C’est une première : en soixante-quinze ans de présence dans le pays, le losange n’y avait jamais assemblé la moindre électrique.

Dans le détail, Valladolid va accueillir une ligne d’assemblage de batteries, et Palencia une plateforme pensée pour l’électrique. Les 600 millions ne sortent pas que des caisses de Renault : ils combinent des fonds propres et des aides publiques espagnoles, nationales comme régionales. Un accord social 2026-2028 signé avec les syndicats UGT et CCOO a débloqué l’attribution de ces modèles aux sites castillans. Tout le monde n’a pas paraphé le texte, quelques syndicats jugeant le compte pas assez bon avec seulement 300 embauches en CDI à la clé.

Pour un automobiliste français, la vraie question, c’est ce que ça dit de la répartition industrielle du groupe. L’Espagne est devenue un poids lourd : 1,77 million de voitures y ont été assemblées en 2025, plus qu’en France. Renault y a écoulé 175 000 véhicules l’an dernier. Voir la marque tricolore y installer ses premières électriques, ça peut agacer quand on habite dans le Nord.

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Sauf que voilà, la France n’est pas oubliée, loin de là. Le plan futuREady dévoilé en mars 2026 prévoit seize modèles électriques en cinq ans et treize milliards d’euros investis dans l’Hexagone d’ici 2030. Le pôle ElectriCity, qui réunit Douai, Maubeuge et Ruitz dans les Hauts-de-France, est toujours le cœur du réacteur électrique : c’est là que sortent la R5, la Mégane E-Tech, le Scénic E-Tech et l’Alpine A290. Douai vient d’ailleurs de repasser en trois-huit et recrute 350 intérimaires. Le groupe a passé la barre du million d’électriques produites en France depuis 2010.

Au fond, l’Espagne récupère de nouveaux volumes, mais la France conserve le savoir-faire et les modèles vedettes. Sauf que le marché européen patine : la production espagnole a reculé de 1,8 % sur les huit premiers mois de 2026, et personne ne roule sur l’or dans ce secteur en ce moment. Pour Renault, répartir les paris entre deux pays, c’est aussi une façon de ne pas tout miser au même endroit.

Crédit photo : Renault Group