ZFE : les radars qui lisent les plaques arrivent, mais Paris repousse encore l’amende à 2027

Jusqu’ici, entrer dans une grande agglomération au volant d’un vieux diesel ne risquait pas grand-chose, faute de contrôle réel. Cette tolérance est en train de disparaître. Des voitures-radars équipées de lecteurs LAPI, ces caméras qui scannent une plaque et la croisent en direct avec le fichier national des immatriculations, se déploient sur les grands axes des métropoles. En une fraction de seconde, le système identifie la vignette Crit’Air du véhicule, et donc s’il a le droit de circuler là ou non.
Le palier qui coince cette année, c’est le Crit’Air 3. Sont concernées les voitures essence immatriculées avant le 1er janvier 2006 et les diesels d’avant le 1er janvier 2011. Une part énorme du parc, donc. Rien qu’en Île-de-France, on parle d’environ un million de véhicules dans ce cas. L’amende forfaitaire reste fixée à 68 euros pour une voiture particulière, et grimpe pour un poids lourd ou en cas de récidive.
Sauf que voilà, toutes les métropoles n’avancent pas au même rythme, et c’est là que ça devient compliqué à suivre. Paris et la Métropole du Grand Paris ont confirmé fin 2025 qu’aucune verbalisation n’aurait lieu en 2026. La phase dite pédagogique est prolongée d’un an, jusqu’au 31 décembre. Concrètement, un Crit’Air 3 peut continuer de rouler dans la capitale cette année sans recevoir de PV, les premières amendes n’étant pas attendues avant 2027. Un calendrier qui tombe opportunément avant les municipales.
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Lyon a tranché autrement et lancera la verbalisation des Crit’Air 3 dès le 1er juillet 2026. Grenoble va encore plus loin, puisque la métropole sanctionne déjà depuis plusieurs mois, y compris un véhicule non conforme simplement stationné. Selon l’endroit où vous habitez, la même voiture peut donc rouler tranquille ou vous coûter 68 euros à chaque passage.
Pour ceux qui ne peuvent pas changer de véhicule tout de suite, quelques soupapes existent. La plupart des métropoles proposent un pass ZFE de 24 heures, utilisable jusqu’à 24 jours par an, pensé pour les besoins ponctuels. S’ajoutent des dérogations pour les titulaires d’une carte mobilité inclusion et pour certains véhicules de collection.
Reste que la mécanique est bel et bien lancée. Le flou qui régnait depuis des années sur l’application réelle des ZFE se dissipe, et les radars LAPI vont rendre le contrôle automatique et massif. Avant de prendre la route d’une grande ville, mieux vaut vérifier sa vignette.
Crédit photo : Wikimedia Commons
