Jusqu’à 7 700 euros pour acheter une électrique, à condition de rouler beaucoup pour travailler

L’État prépare une nouvelle aide à l’achat d’une voiture électrique, et pour une fois elle ne s’adresse ni aux ménages les plus modestes ni aux plus aisés. Elle vise ceux qui sont coincés entre les deux, ceux qui gagnent un peu trop pour le leasing social mais qui avalent des kilomètres tous les jours pour gagner leur vie.
Le montant peut monter jusqu’à 7 700 euros. Pour y avoir droit il faudra appartenir aux 6e, 7e ou 8e déciles de revenu fiscal de référence, se servir de sa voiture personnelle dans le cadre de son travail, et parcourir au moins 12 000 kilomètres par an. Le gouvernement cite en exemple les infirmiers, les aides-soignants et les sages-femmes qui exercent en milieu rural, ceux dont la tournée quotidienne ressemble à une étape de rallye et pour qui le plein pèse vraiment sur le budget du mois.
Côté véhicule, les conditions ressemblent à ce qu’on connaît déjà. La voiture doit être électrique, peser moins de 2,4 tonnes, afficher un éco-score d’au moins 60, ce score environnemental qui écarte de fait les modèles fabriqués très loin de l’Europe, et coûter moins de 47 000 euros. Le plafond de 7 700 euros est lui réservé aux voitures dont la batterie est assemblée en Europe. En dessous, le barème exact n’est toujours pas publié.
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C’est d’ailleurs le principal problème à ce stade : on connaît la cible et l’enveloppe, pas les modalités. L’aide doit arriver début septembre et s’arrêter le 31 décembre. Quatre mois, donc, pour 50 000 véhicules aidés, exactement le même volume que le leasing social qui rouvre ces jours-ci pour les déciles 1 à 5.
L’idée derrière tout ça est assez claire. Le coup de pouce CEE existant plafonne à 5 700 euros, plus 2 000 euros de bonus si la batterie est européenne, et il est calé sur les revenus. Le leasing social, lui, s’arrête au 5e décile. Résultat, une infirmière libérale à la campagne qui fait 25 000 kilomètres par an pouvait très bien se retrouver en dehors de tous les dispositifs, alors qu’elle correspond précisément au profil pour qui une électrique fait économiser le plus.
Le calendrier est quand même franchement serré. Publier le barème, monter la plateforme de demande, puis laisser les concessions livrer des voitures avant le 31 décembre : c’est court. On en est là, une aide annoncée en juillet pour un dispositif qui n’existe pas encore noir sur blanc.
Crédit photo : Illustration générée par IA
