Volkswagen va couper sa gamme en deux, la Chine l’a mis à genoux

Le 9 juillet, le directoire de Volkswagen a acté une décision qui aurait fait bondir n’importe quel patron du groupe il y a dix ans : réduire de moitié le nombre de modèles vendus dans les années à venir.
Concrètement, la maison qui a longtemps voulu être partout et proposer une voiture pour chaque envie va faire le tri. Trop de modèles se marchaient dessus, coûtaient cher à développer et rapportaient peu. Le plan vise à se recentrer sur les segments qui remplissent vraiment les caisses.
La capacité de production suit le même chemin. Elle doit redescendre autour de neuf millions de véhicules par an, alors que le groupe rêvait de douze millions avant la pandémie. En clair, près d’un million de voitures de capacité disparaissent, réparties entre la Chine et l’Europe.
Le vrai point noir, il est justement en Chine. Au deuxième trimestre, les livraisons mondiales du groupe ont reculé de 8,6 pour cent. Mais sur le marché chinois, la chute atteint 36,6 pour cent. Pour une marque qui a régné pendant des décennies là-bas, c’est un effondrement.
La raison tient en deux mots : voitures électriques. Des constructeurs comme BYD sont allés plus vite, plus loin et surtout beaucoup moins cher sur l’électrique. Volkswagen a couru derrière sans jamais recoller.
Ajoutez des coûts de production allemands parmi les plus élevés du continent, des usines qui tournent à moitié vide et les droits de douane américains qui rognent les marges à l’export. Vous obtenez une machine qui grince de tous les côtés.
Restait le sujet qui fâche vraiment, l’emploi. Selon les informations qui circulent, le volet le plus dur prévoyait jusqu’à 100 000 suppressions de postes, soit environ 15 pour cent des effectifs, et la fermeture de quatre sites allemands : Hanovre, Zwickau, Emden et l’usine Audi de Neckarsulm.
Ce volet-là aurait été bloqué en réunion par les représentants du personnel. Rien n’est confirmé côté direction, ni le chiffre de licenciements, ni la moindre fermeture d’usine. Le syndicat IG Metall et le comité d’entreprise annoncent déjà la bataille.
Pour les acheteurs, la promesse est simple : moins de modèles, mais mieux ciblés et censément plus rentables. Le problème, c’est que la pression chinoise n’attendra pas que Wolfsburg finisse de se réorganiser. Volkswagen a raté le virage électrique, et il paie aujourd’hui la facture d’un retard qui ne se rattrape pas en un plan de restructuration.
Crédit photo : Volkswagen
